Le projet de télécabine trébuche face aux députés

MobilitéUne courte majorité se dessine contre la liaison par câble envisagée entre Bardonnex et l’aéroport.

A Brest, un projet de téléphérique urbain a vu le jour en novembre 2016. Il peut transporter jusqu'à 1200 passagers par heure.

A Brest, un projet de téléphérique urbain a vu le jour en novembre 2016. Il peut transporter jusqu'à 1200 passagers par heure. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L’enthousiasme fait place au scepticisme quant au projet genevois de télécabine urbaine. Emblématique de l’ère Barthassat, l’entreprise vient de se prendre une gifle au Grand Conseil. Sa Commission des travaux vient de rendre un rapport au sujet du crédit de 3 millions de francs pour les études d’avant-projet sur cette liaison par câble de 11,5 kilomètres entre Bardonnex et le parking aéroportuaire P47.

Par huit voix contre sept, une courte majorité réunissant le PLR, l’UDC, le MCG et Ensemble à Gauche s’est liguée contre cette manne, laquelle reste soutenue par le PS, les Verts et le PDC. C’est un revirement de la part du Législatif. En mars 2017, c’était à une majorité écrasante que le Grand Conseil de la précédente législature avait demandé au Conseil d’État de creuser la piste de ce type de transport. Le gouvernement a souhaité le faire de façon suffisamment approfondie pour pouvoir prétendre à un cofinancement fédéral dans le cadre du quatrième projet d’agglomération.

Des critiques multiples

Les opposants de droite redoutent l’empiétement et les vues sur les propriétés privées ainsi que l’impact paysager (avec des pylônes pouvant grimper à 70 mètres, l’équivalent d’une vingtaine d’étages). Ils jugent rédhibitoire la nécessité de raccorder chaque pylône ou station à des routes, afin de pouvoir acheminer des secours en cas de besoin. Le PLR déplore un tracé qui ne desservirait pas la zone industrielle du Bois-de-Bay. Des arguments environnementaux sont aussi avancés, notamment par Ensemble à Gauche, en écho aux inquiétudes du WWF relatives aux défrichements et à l’impact sur la faune aviaire, en particulier lors du franchissement du Rhône. «Nous avons de grosses réserves», confirme Corinne Jacquelin, coprésidente du WWF Genève.

Parsemant son rapport d’allusions moqueuses envers l’ancien conseiller d’État chargé des Transports Luc Barthassat, le rapporteur de majorité Serge Hiltpold (PLR) fait aussi allusion au tout récent rapport de la Cour des comptes, paru en octobre, qui incite à abolir ce crédit d’études. L’organe de contrôle avait épinglé le projet de télécabine du fait qu’il n’a pas été concerté avec les partenaires de l’agglomération et qu’il ne figure pas au plan directeur cantonal, ce qui, selon la Cour, «rend peu lisible la vision stratégique» du Canton.

Des défenseurs motivés

La minorité, elle, espère encore avoir gain de cause en plénière. «C’est possible si Ensemble à Gauche revient à la raison, espère le Vert François Lefort, l’un des rapporteurs de minorité. Il est évident que tout ceci se passe sur fond de liquidation de l’ère Barthassat, mais tout n’est pas à jeter dans ce qui a été fait! En l’occurrence, ce projet de télécabine est le seul à pouvoir offrir une liaison tangentielle dans cette région, en attendant une diamétrale ferroviaire qu’on n’obtiendra pas avant plusieurs décennies. La télécabine a le mérite d’être légère, pas chère et démontable.»

«Alors que notre système de transport converge vers le centre-ville, cette télécabine pourrait offrir une liaison tangentielle intéressante et qui pourrait même devenir indispensable au vu des développements urbains prévus sur ce tracé, que ce soit en termes d’emplois ou d’habitants, renchérit le conseiller d’État chargé des Infrastructures, Serge Dal Busco. Il vaut selon moi la peine de se donner les moyens de l’étudier.»

Selon l’Office cantonal des transports, la télécabine peut offrir des capacités comparables à celles d’un tram, mais à de moindres coûts de construction et d’exploitation. Autres atouts soulignés: des émissions de gaz carbonique inférieures à celles de tout autre type de transport public et une vitesse commerciale plus élevée. Offrant plusieurs correspondances avec les lignes de tram, le parcours de Bardonnex au P47 se ferait en trente-quatre minutes. Six stations intermédiaires seraient prévues, notamment aux Cherpines et à Bernex où sont prévus de nouveaux quartiers. Un passage sur rail serait nécessaire pour contourner Palexpo. (TDG)

Créé: 05.12.2018, 17h02

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Conférence sur le climat de Katowice
Plus...