Le projet de budget 2018 de Salerno fait bondir la droite

Ville de GenèveLa magistrate PS annonce un déficit de 20 millions dû à la baisse des rentrées fiscales.

Vingt millions, tel est le déficit inscrit au projet de budget 2018 de la Ville de Genève présenté hier par l’argentière Sandrine Salerno.

Vingt millions, tel est le déficit inscrit au projet de budget 2018 de la Ville de Genève présenté hier par l’argentière Sandrine Salerno. Image: MARTIAL TREZZINI

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Vingt millions, tel est le déficit inscrit au projet de budget 2018 de la Ville de Genève présenté hier par l’argentière Sandrine Salerno. Ce qui n’est «pas très étonnant», estime la magistrate socialiste, rappelant que le Canton connaît une situation similaire en raison de la baisse des recettes fiscales. Ni même alarmant, insiste-t-elle. «Le Conseil administratif aborde la situation de manière très sereine.»

Une sérénité que ne partage pas la droite. Sortant un à un du Palais Eynard, où la Commission des finances a assisté à cette même présentation, les conseillers municipaux PLR, PDC, UDC et MCG voient rouge. Et annoncent d’ores et déjà qu’ils s’opposeront au budget en l’état. «Mieux vaut 2,4 millions de coupes sur le budget 2017 que 20 millions de déficit sur le budget 2018», s’emporte le PLR Simon Brandt, en référence aux diminutions exigées par la droite majoritaire et attaquées en référendum par la gauche.

Baisse de l’impôt à la source

Comment s’explique ce déficit? La principale cause réside dans la baisse de l’impôt sur les personnes physiques, dû au ralentissement économique et à une baisse de 30 millions de l’impôt à la source. Graphique à l’appui, Philippe Krebs, directeur adjoint du Département des finances, précise: «Un certain nombre de personnes (ndlr: frontaliers) est sorti de l’impôt à la source pour rentrer dans l’imposition au barème ordinaire, en se déclarant comme quasi résident.» Pour la magistrate, l’écart ne va pas tarder à se résorber. «En rentrant dans le régime ordinaire, ils vont finir par apparaître soit en octobre dans les chiffres que nous fournira le Canton, soit au moment des comptes 2017.» A quoi s’ajoutent, selon elle, les signes de reprise économique et la «bonne santé financière de la Ville, qui a déjà montré sa capacité à résister en période de crise».

D’où son refus de couper dans les investissements ou dans les charges pour combler dès maintenant le trou de 20 millions. «Le maintien des prestations à la population est une priorité du Conseil administratif», persiste-t-elle. C’est ainsi que le projet de budget présente une hausse des charges de 1% environ. «Contrairement à ce que dit la droite, cela fait dix ans que les charges sont stables. Et ce malgré la hausse démographique et le fait que Genève en tant que ville-centre supporte des charges qui profitent aussi aux habitants hors ville.» Le projet de budget prévoit 68 nouvelles places en crèches et trois postes de sapeurs-pompiers. S’ajoute une hausse de la dotation sur la solidarité internationale «pour atteindre l’objectif des 0,7% du budget en 2020, comme l’a voté le Municipal», précise Sandrine Salerno.

Reste qu’en présentant un budget déficitaire, la magistrate pouvait s’attendre à provoquer l’ire de la droite majoritaire au Municipal. «Le blocage existe depuis le début de la législature. Et le Conseil administratif ne va pas couper dans les prestations, pour se retrouver avec 40 millions de boni aux comptes!» Regrettant la «posture politique de la droite qui écorne l’image de l’institution», la magistrate conclut: «Si le peuple doit voter une troisième fois… le peuple votera.»

De son côté, la droite entend bien utiliser ce budget déficitaire comme argument de campagne en vue de la votation du 24 septembre sur les coupes dans le budget 2017, mais aussi pour attaquer Sandrine Salerno, par ailleurs candidate socialiste au Conseil d’Etat. «Si on écoute le Conseil administratif, il ne faut pas faire de coupes quand le budget est excédentaire. Mais il ne faut pas non plus en faire quand il est déficitaire!» lance déjà Simon Brandt.

«Une balle dans le pied»

Une analyse que ne partage pas le conseiller municipal Vert Alfonso Gomez: «Cette baisse des revenus est due à la conjoncture. Ce qu’il faut regarder, ce sont les comptes qui sont bénéficiaires depuis dix ans, à l’exception de 2013.» Il s’agissait alors de recapitaliser la CAP, la caisse de prévoyance intercommunale, à hauteur de 119,5 millions. Un argumentaire que reprend la magistrate, allant jusqu’à chiffrer un boni accumulé de 485 millions depuis 2008, année de son premier exercice.

Pas de quoi convaincre la droite élargie, qui envisage déjà de refuser d’entrer en matière lors de la prochaine plénière qui se tiendra les 12 et 13 septembre. Ce qui reviendrait à renvoyer sa copie à Sandrine Salerno. Comme cela avait été le cas à l’automne 2015. (TDG)

Créé: 30.08.2017, 19h42

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