Prof convoquée pour avoir invité Hani Ramadan

GenèveL'enseignante avait cru bien faire en choisissant cet intervenant pour un cours sur l'islamophobie. Elle n'avait pas averti sa direction.

Hani Ramadan.

Hani Ramadan. Image: Image d'archives/Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Une enseignante qui avait récemment invité le directeur du Centre islamique de Genève dans sa classe a été convoquée par sa hiérarchie. La prof avait convié Hani Ramadan pour prendre la parole devant ses élèves, âgés de 15 à 17 ans, dans le cadre d'un cours sur l'islamophobie.

L'enseignante du Centre de la transition professionnelle de la Coulouvrenière «a cru bien faire en accueillant Hani Ramadan dans sa classe. Elle a été convoquée par sa direction», a précisé vendredi à l'ats Pierre-Antoine Preti, responsable de la communication au Département de l'instruction publique (DIP), confirmant une information donnée jeudi par la télévision locale Léman Bleu.

Pour l'heure, il est reproché à la prof de ne pas pas avoir informé sa direction de son initiative, de ne pas avoir vérifié la réputation de Hani Ramadan ainsi que son manque de discernement concernant la personne invitée. «L'analyse de la situation est en cours», a indiqué Pierre-Antoine Preti. Il confirme qu'il s'agit d'une action isolée.

Choqués par cette initiative et par certains propos qui leur ont été rapportés par leurs enfants, plusieurs parents ont interpellé l'école. La direction du Centre de la transition professionnelle, une institution répartie sur une dizaine de lieux, n'avait pas été prévenue de cette invitation.

Incompatible avec une approche neutre

Le DIP déplore la présence de Hani Ramadan face à ses élèves: «Ses positions publiques sont incompatibles avec les valeurs et la mission de l'école publique. Il est connu comme un prédicateur militant en faveur d'une conception particulière de l'islam. Son intervention unilatérale face à des élèves dans un cadre scolaire n'est pas compatible avec l'approche neutre et scientifique du fait religieux.»

Professeur de français au Cycle d'orientation de la Golette, à Meyrin, Hani Ramadan avait été suspendu de ses fonctions d'enseignant en octobre 2002, puis licencié début 2003. Dans un article publié par le quotidien français «Le Monde», le prédicateur avait défendu le recours à la lapidation pour punir l'adultère. Il laissait aussi entendre que le sida était un châtiment divin.

A l'issue d'une longue procédure et après un accord conclu avec le Conseil d'Etat, Hani Ramadan avait touché, en 2008, l'équivalent de 24 mois de salaire et plus de 90'000 francs de frais d'avocat. Etant donné qu'il avait également continué à toucher son salaire pendant les années de procédure, la facture totale s'était montée à plus d'un million de francs pour l'Etat. (ats/nxp)

Créé: 10.06.2016, 16h24

Articles en relation

Hani Ramadan parle dans une école et crée le malaise

Polémique Le directeur du Centre islamique de Genève a été invité par une enseignante. Sa hiérarchie le déplore fermement. Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Caricatures

Après l'accord avec l'UE, Johnson doit convaincre le Parlement
Plus...