Du plomb retrouvé dans les assiettes de cantines scolaires

GenèveDe la grenaille a été découverte dans des plats de chasse servis aux enfants à Vernier et à Confignon.

Pour le médecin cantonal, le danger principal réside dans le fait de se casser une dent lors de la mastication.

Pour le médecin cantonal, le danger principal réside dans le fait de se casser une dent lors de la mastication. Image: Getty Images

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Les boulettes de viande avaient un croquant inhabituel le 12 novembre. Ce midi-là, des élèves de Vernier ont eu la mauvaise surprise de tomber sur des plombs dans leur plat de chasse servi au restaurant scolaire. «Mon beau-fils n’a rien senti, mais ma fille m’a raconté avoir recraché la viande après avoir senti quelque chose de dur à l’intérieur», raconte Eva, une mère de famille.

Au même moment, à 8km de là, à Confignon, des membres du personnel des restaurants scolaires tombent sur le même os… ou plutôt, sur les mêmes plombs. Normal, les cantines des deux communes partagent le même traiteur. L’alerte est vite donnée auprès du GIAP (Groupement intercommunal pour l’animation parascolaire), du restaurant en question et du Service de santé de l’enfance et de la jeunesse (SSEJ) et les plats sont retirés. «Seuls les élèves du premier service ont pu potentiellement ingérer de la viande», précise le service de communication de Confignon. Ce sera féculent et légumes pour les autres.

Risque pour les dents

Plus de peur que de mal, finalement, puisque aucun des 233 écoliers confignonais ni des 1300 élèves verniolans potentiellement concernés n’a été blessé. «Seule une enfant avait un peu mal aux dents. Nous avons encouragé les parents à consulter un dentiste», explique Yvan Rochat, conseiller administratif de Vernier.

Pour Jacques-André Romand, médecin cantonal, le danger principal réside dans le fait de se casser une dent lors de la mastication. «Il existe aussi un risque infime de lésions aux organes si le plomb ingéré est fragmenté», ajoute-t-il. Le professeur recommande de contacter le pédiatre de l’enfant en cas de doute.

Quatre à six jours après la découverte culinaire gênante, les parents d’élèves ont reçu une lettre leur expliquant que «quelques grenailles avaient été retrouvées dans les boulettes» et qu’il n’était pas exclu que «certains enfants les aient ingérées». Une communication tardive, selon certains parents. Une nécessité de s’informer auprès des prestataires avant de communiquer, selon les communes.

«Plus jamais de chasse»

Comment des grenailles se sont-elles retrouvées là? Pour le restaurant, c’est une défaillance des contrôles internes de corps étrangers chez le boucher qui est à l’origine de l’incident. Celui qui a livré les boulettes composées à 80% de veau suisse et à 20% de faisan d’origine française s’excuse et explique. «Le restaurant voulait faire découvrir la chasse de manière ludique aux enfants. Nous n’avons pas mesuré les risques. La probabilité de retrouver des résidus de balles est bien réelle.»

Selon Ortelli Didier, chimiste cantonal adjoint au Service de la consommation et des affaires vétérinaires, qui a assuré un contrôle dans les deux communes, retrouver des plombs dans des plats de restaurants scolaires est une première à Genève. Il rappelle que tous les acteurs du marché ont une obligation d'autocontrôle.

Pourquoi le fournisseur n’avait-il pas de détecteur de métaux? «Ce serait trop compliqué et je ne connais aucun boucher qui en possède. Sans un tel matériel, il est quasiment impossible de savoir où se sont nichées les grenailles, confesse-t-il. N’oublions pas que 80-90% du gibier servi dans les restaurants est tué de manière sauvage et n’est pas issu de l'élevage.»

Cette mésaventure a servi de leçon. Le traiteur a décidé de ne «plus jamais servir de chasse aux élèves», même si cela avait déjà été fait par le passé dans une visée «d’éducation sensorielle». Le fournisseur a pris la même décision et élargit le débat: «Depuis le 12 novembre, nous ne vendons plus de gibier aux maisons de retraite, par précaution. Il faudrait plus globalement réfléchir à la pertinence de servir de la chasse aux personnes sensibles, au vu des conséquences potentielles.

Lésions potentielles du système nerveux

L’Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) met fermement en garde contre les dangers d’une consommation de plomb, nécessaire, notamment, à abattre le gibier. Celle-ci peut se révéler néfaste pour les femmes enceintes, les femmes allaitantes, celles qui projettent d’avoir un enfant, ainsi que les nourrissons et les enfants de moins de 7 ans. «Une contamination élevée au plomb peut entraîner des lésions irréversibles du système nerveux, des troubles des fonctions cérébrales ainsi qu’une détérioration des performances cognitives» chez les plus jeunes, indique l'OSAV.

Créé: 17.12.2019, 08h03

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