Le Palais des nations, emblème du passé, du présent et du futur, s’ouvre au public

Quartier international Les Genevois sont invités à visiter un monument du patrimoine local avant que ne débutent les travaux de rénovation.

Le Palais des Nations s’ouvre au public ce samedi de 10 h à 17 h. Image: Lucien Fortunati

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Une dernière fois avant sa rénovation et sa modernisation, le Palais des Nations s’ouvre au public ce samedi de 10 h à 17 h. Une occasion unique de découvrir ou redécouvrir un édifice exceptionnel. Plusieurs architectes ont concouru à la fin des années 1920 pour construire ce qui fut d’abord le siège de la Société des Nations (SDN). Les Etats souhaitaient disposer d’un bâtiment qui incarne l’idéal universaliste tout en offrant un cadre de travail fonctionnel.

Les travaux, démarrés en 1929, durèrent sept ans. En 1936, les diplomates investirent les lieux pour ne jamais les quitter. Au gré des soubresauts de l’histoire, la vocation internationale de Genève n’a cessé de se renforcer. Au lendemain de la guerre, après la disparition de la SDN, la toute jeune Organisation des Nations Unies a repris le bail pour en faire plus tard (1966) son siège européen. Depuis, ce bâtiment et son architecture si caractéristique de l’époque sont étroitement associés à Genève. Au fil du temps, il a fallu l’agrandir et y ajouter une nouvelle aile, achevée en 1973. C’est ce dernier bâtiment qui va devoir subir les plus grosses modifications durant les cinq ans de travaux, un chantier qui va démarrer en début d’année prochaine. En décembre 2015, l’ONU a voté un budget de 836,6 millions de francs suisses pour se doter d’un siège remis aux normes, prêt à affronter les défis des cinquante prochaines années. Cette journée portes ouvertes permettra aussi de découvrir les maquettes et plans du Palais tel qu’il sera après travaux.

Si le public se rend en foule aux journées portes ouvertes (20 000 personnes il y a deux ans!), c’est que, outre sa valeur historique, le bâtiment offre une vue imprenable sur Genève, le lac et les Alpes. Plus impressionnant encore que l’architecture des lieux, il y a le parc de l’Ariana, avec ses 45 hectares. Une aubaine car cet espace a été protégé des agressions extérieures. Le choix de la famille Revilliod d’offrir ce parc à la Ville de Genève en 1890 a été salutaire. Il explique aussi les efforts déployés par l’actuel directeur général de l’ONU à Genève, Michael Moller, pour l’ouvrir au public.

«Ce Palais et son parc, c’est la Maison du peuple. Les Genevois doivent pouvoir les visiter. Ils y sont chez eux», explique Michael Moller. Depuis son arrivée, le Danois s’efforce de faire tomber les barrières qui séparent la Genève internationale de la Genève «locale». En 2014, le «DG», comme on le surnomme, a lancé le «Perception Change Project», pour essayer de casser quelques clichés – certains ont encore la vie dure! – et mieux expliquer au public le travail réalisé à Genève par les agences onusiennes et les ONG.

La journée portes ouvertes procède de cette volonté. Outre la découverte du site, c’est une invitation à apprendre et comprendre comment fonctionne l’ONU. Pour l’occasion, le parcours de visite sera jalonné d’espaces pédagogiques consacrés aux Objectifs du développement durables (ODD). «Ils constitueront le vrai fil rouge de cette journée», explique Alessandra Vellucci, cheffe de l’information du bureau de l’ONU à Genève.

Adoptés en septembre 2015, au nombre de dix-sept, ils ont pour ambition «d’éradiquer la pauvreté, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous dans le cadre d’un nouvel agenda de développement durable». Chaque objectif a des cibles spécifiques. «Cela n’engage pas seulement les Etats. Chaque citoyen est concerné», rappelle Michael Moller. A l’occasion de cette journée portes ouvertes, chacun est donc invité à faire des suggestions ou des propositions. L’initiative n’a pas seulement un caractère ludique. Pour l’ONU, l’enjeu va bien au-delà. Sur la question du changement climatique et de la transition énergétique par exemple, c’est la mobilisation de l’opinion publique et de la société civile qui a permis de mettre la pression sur les gouvernements et d’obtenir des avancées. D’une certaine manière, la visite de samedi relève aussi de l’engagement citoyen.

(TDG)

Créé: 06.10.2017, 19h39

Articles en relation

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Russiagate: y a-il eu collusion entre Trump et Poutine?
Plus...