Un Nord-Sud flambant neuf rouvre ses portes

CinémaLe cinéma de la Servette compte deux salles, une de 166 places et une de 30.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le mois d’août aura décidément été bénéfique pour les salles de cinéma genevoises. Le 7 de ce mois, nous apprenions le sauvetage in extremis du Plaza, qui était voué à la démolition sans aucune nuance, mais qui grâce à la Fondation Hans Wilsdorf, va pouvoir renaître de ses cendres aux termes de grands travaux dont la planification n’est pas encore connue. La salle restera dédiée au cinéma, ce qui tient du miracle lorsqu’on connaît la fragilité d’un dossier dont plus personne ne voulait entendre. Et puis lundi soir, le Nord-Sud a enfin rouvert ses portes. Le Nord-Sud ou plutôt les Nord-Sud, puisque l’arcade du 78 rue de la Servette se décline désormais en deux salles, une grande de 166 places et une plus petite qui en comprend 30.

Quelques heures plus tôt, nous faisions le tour du propriétaire. Aude Vermeil, présidente de Fonction: Cinéma, et l’une des personnes à l’initiative de cette rénovation, rappelait que le projet dans sa globalité concernait quatre cinémas. «Le City, le Cinélux, le Nord-Sud, et dès l’an prochain les Scala. Quand on paie 15 francs la place, il faut proposer quelque chose au top pour accueillir le public, souligne-t-elle avant de donner la parole à celui qui a orchestré le travail, l’architecte Antonio Carneiro.

Salle construite en 1951

Pour ce dernier, qui a remporté le concours (appel d’offres) il y a quelques années, «le Nord-Sud fait clairement partie de l’histoire de Genève. Notre question a été de savoir comment y concevoir une deuxième salle.» En fait, la petite salle se situe dans le prolongement de la grande. «Il s’agissait de garder l’esprit de la grande salle, avec sa corniche, qui dessinait une ligne globale. On a la salle Nord et on a la salle Sud.»

«C’est une salle qui a été construite en 1951, complète Laurent Dutoit, actuel exploitant et programmateur des Scala et du City, qui concoctera aussi les grilles des salles de la Servette. Marianne Darbellay s’occupe de ce cinéma et en a repris l’exploitation depuis le décès de son mari, en 1985.» Mais Laurent Dutoit rappelle aussi l’inflation des sorties qui gagne la Suisse romande, et notamment Genève, depuis quelques années. «La programmation, elle se refait chaque semaine. Notre idée sera de faire tourner les films entre les Scala et les Nord-Sud. Il y aura des nouveautés inédites, à commencer par le documentaire sur «Diego Maradona» qui démarre mercredi 21, et des reprises. Dans la petite salle, nous passerons durant quelques semaines un best of de films sortis durant les travaux. Des séances spéciales à 5 francs seulement.» D’autres avant-premières sont à prévoir dans les semaines à venir. Parfois avec les auteurs des films. Zabou Breitman viendra ainsi présenter «Les hirondelles de Kaboul» et Céline Sciamma son «Portrait de la jeune fille en feu» qui fit sensation à Cannes. Hier soir, Grand Corps Malade et Mehdi Idir, réalisateurs de «La vie scolaire», ouvrent les feux ce soir en y présentant leur nouveau film.

Des lieux où se rassembler

«Cette salle vivait avant, mais elle fatiguait, explique encore Sami Kanaan, conseiller administratif en charge du département de la culture et du sport. Sa rénovation est une très belle histoire de partenariat.» En effet, il a fallu réunir 7 millions pour la restauration des quatre salles. Pour ce financement, la Ville de Genève, la Loterie Romande, la FPLCE (Fondation pour la promotion de lieux pour la culture émergente à Genève), une fondation genevoise privée, plus la Ernst Göhner Stiftung et plusieurs donateurs, ont mis leur écot, si l’on ose dire. «Même si la fréquentation du public chute partout, elle reste très haute en Suisse romande, commente Sami Kanaan. Restaurer une salle puis la rouvrir, c’est un acte de politique culturelle, mais aussi d’économie. Car au cinéma, on parle également de chiffres d’affaires et d’emplois.»

Rémy Pagani, conseiller administratif, rappelle de son côté l’importance du vote du PUS (Plan d’utilisation du sol de la Ville de Genève), sans lequel le cinéma Nord-Sud n’existerait plus aujourd’hui. «Il y a dix ans, on assistait à la disparition progressive de plusieurs salles genevoises. Le Broadway, le Hollywood, et quelques autres. Puis Carouge a ouvert la voie en ressuscitant le Bio, nous permettant de donner l’exemple en montrant aux Genevois qu’il existe encore des lieux où on peut se rassembler.» «Et les propriétaires de l’immeuble ne voulaient plus qu’il y ait un cinéma, renchérit Aude Vermeil. Nous, on ne voulait pas d’un centre-ville désert.»

La fête officielle de réouverture du Nord-Sud aura lieu le jeudi 29 août. Bonnes séances d’ici là.

Créé: 19.08.2019, 17h37

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Dons d'organes: le Conseil Fédéral veut le consentement des proches
Plus...