«Le Municipal peut encore voter le budget cette année»

Ville de Genève Sandrine Salerno croit possible une adoption avant le 31 décembre malgré l’échec de samedi. La responsable des Finances s’explique.

Sandrine Salerno, la responsable des Finances de la commune,estime que la Ville peut fonctionner parfaitement avec les douzièmes provisoires.

Sandrine Salerno, la responsable des Finances de la commune,estime que la Ville peut fonctionner parfaitement avec les douzièmes provisoires. Image: Steeve Iunker-Gomez

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Samedi, le Conseil municipal de la Ville de Genève a renvoyé en Commission des finances, par 40 voix contre 33, le projet de budget 2017 du Conseil administratif alors qu’il aurait dû l’adopter ou le refuser. La décision semble avoir été prise sur un coup de tête par une majorité formée du MCG, du PLR, de l’UDC, d’Ensemble à Gauche et de quelques Verts.

La cause principale de ce coup de théâtre est un amendement déposé le matin même par le Conseil administratif. Il concerne un transfert de charges de 1,8 million entre la Ville et le Canton, une opération en réalité financièrement neutre. Sandrine Salerno, la responsable des Finances de la Commune, revient sur ce débat budgétaire avorté.

Sandrine Salerno, que s’est-il passé samedi selon vous?
Ce fut un grand moment. Seuls deux partis ont en fait gardé une position institutionnelle, le PS et le PDC, en refusant le renvoi en commission. Pour moi, l’amendement sur le transfert de charges n’a été qu’un prétexte car c’était un amendement purement technique, imposé par une loi cantonale. La majorité de droite aurait très bien pu le refuser si elle l’avait voulu. Ma collègue Esther Alder allait du reste le retirer voyant le brouhaha que cela provoquait. Nous aurions simplement inclus ce transfert au moment des comptes. Mais on ne lui a pas donné la parole et le Conseil municipal a voté le renvoi en commission.

Comment expliquez-vous qu’on en soit arrivé là?
Je pense que c’était un mouvement d’humeur. Les uns et les autres ont de la peine à trouver leurs marques. La droite est majoritaire mais continue à se comporter comme si elle était minoritaire. Le PLR joue les pompiers pyromanes. Il veut être le leader de cette droite élargie mais a une attitude un peu suicidaire. Franchement, je ne crois pas qu’ils aient gagné quelque chose.

Que va-t-il se passer maintenant?
Techniquement, le Conseil municipal peut encore voter le budget avant le 31 décembre car le Conseil administratif dispose de la compétence de le convoquer pour une séance. Elle pourrait avoir lieu dans la semaine du 18 décembre. Et si les conseillers municipaux ne veulent pas se prononcer sur le budget, ils pourraient alors voter les douzièmes provisoires. Je parlerai mardi de cette possibilité avec mes collègues du Conseil administratif et avec la Commission des finances.

Vous devez toutefois admettre que c’est assez mal parti pour un règlement rapide de la question.
Cela dépendra en fait de la séance de la Commission des finances de mardi (ndlr: aujourd’hui). Je viendrai répondre à leurs interrogations. En premier lieu sur ce fameux amendement concernant le transfert de charges avec le Canton. Ensuite, nous pourrons nous pencher sur la soixantaine d’amendements déposés par les conseillers municipaux. Normalement, ils sont étudiés en commission avant la plénière, mais comme cela n’a pas été le cas, ils sont souvent rédigés de manière inappropriée. Une dizaine d’entre eux sont par exemple des déplacements de lignes budgétaires d’un département à un autre. Or, en réalité, le Conseil municipal n’a pas la compétence de faire cela.

Est-ce grave une collectivité sans budget?
C’est avant tout un problème de dégâts d’image. Pas tant pour le Conseil administratif que pour l’ensemble des autorités politiques. Cela dit, je garde un espoir. Finalement, le montant concerné par les amendements ne représente que 0,2% du budget. Pour le reste, il y a une majorité.

La droite élargie reproche au Conseil administratif de ne pas faire de propositions de coupes pour dégager un boni plus important. Que lui répondez-vous?
Dire que nous ne faisons pas notre travail est absurde. Elle ne peut pas obliger le Conseil administratif à faire ce qu’il ne veut pas faire. J’ai été élue sur un programme de gauche. Je ne couperai jamais à sa place.

Quel serait l’impact si la Ville devait fonctionner avec les douzièmes provisoires?
Matériellement, cela ne pose pas de problème, même si cela complique un peu le travail de l’administration. Evidemment, cela bloque toute nouvelle charge. C’est pourquoi nous allons proposer au Conseil municipal d’enclencher les mécanismes salariaux. Pour ce qui est des nouveaux postes de pompiers et des places en crèche, nous avons un peu de temps, puisque cela interviendra en septembre. D’une manière générale, il faudra revenir devant le Conseil municipal pour chaque nouveau projet. Mais c’est peut-être moins grave que les coupes voulues par la droite.

(TDG)

Créé: 12.12.2016, 19h29

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