Les multiples et heureuses coïncidences de l’entre-deux-tours de Luc Barthassat

Traversée du lac, décharge bioactive, projet d’agglo: le ministre en péril s’active sur les sujets qui fâchent.

Le conseiller d'Etat PDC Luc Barthassat.

Le conseiller d'Etat PDC Luc Barthassat. Image: Georges Cabrera

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les hasards du calendrier se multiplient autour de Luc Barthassat. En ballottage défavorable pour le second tour de l’élection au Conseil d’État, le magistrat s’active tous azimuts alors que le parlement offre un coup de pouce à son bilan.

En quelques heures, on assiste à une collision d’actualités autour du ministre des Transports et de l’Environnement. Elles concernent la traversée du lac, les projets d’agglomération ou encore la décharge bioactive.

Décharge suspendue

La quête d’un site d’enfouissement pour les mâchefers, ces résidus issus de l’incinération des déchets, mettait sur les pattes arrière les communes visées (Satigny, Collex-Bossy ou encore Versoix), mais aussi les milieux agricoles, dont le magistrat démocrate-chrétien est lui-même issu (lire notre édition du 19 avril). Or, pour son parti, sa contre-performance lors du premier tour du 15 avril pourrait s’expliquer en partie par le faible soutien qu’il a reçu dans les campagnes, imputable à une mauvaise humeur de la paysannerie.

Mercredi, à tout juste une semaine d’une manifestation prévue pour aller déposer à l’Hôtel de Ville une pétition contre la décharge bioactive, le département de Luc Barthassat fait volte-face. Il interrompt le processus de sélection du site et nomme un comité d’experts sur le sujet. Un mandat à durée indéterminée mais dont les premières réponses sont attendues pour la rentrée.

«Il y a tout de même 12 000 signataires à cette pétition», relève Luc Barthassat, qui mentionne aussi l’influence d’une motion parlementaire votée en février. Le but est désormais d’étudier les nouvelles méthodes de valorisation des mâchefers (vitrification, recyclage sous forme de briques ou pavés) et de jauger les possibilités de faire évoluer le droit fédéral pour y recourir.

Des soucis fédéraux

Autre pierre dans le jardin du magistrat des Transports, la mauvaise notation livrée en février par Berne des projets soumis par le Grand Genève dans le cadre des projets d’agglomération ouvrant la voie à un financement fédéral. Le Conseil d’État vient de rendre sa réponse à Berne, avant le délai légal du 30 avril, et l’a présentée mercredi à la presse. C’est essentiellement le président du Conseil d’État qui a tenu le crachoir, n’admettant guère de faille dans le dossier genevois et rejetant la faute sur une Confédération qui a raboté l’enveloppe globale dévolue à cette troisième génération de projets et qui aurait privilégié des agglomérations de taille insignifiante.

En substance, le Grand Genève réclame la réhabilitation de onze projets majeurs, soit une aide fédérale accrue de 120 millions de francs en plus des 39 qui semblent déjà assurés. Le projet de tram entre la place des Nations et le parking P47 en zone aéroportuaire ainsi que la deuxième étape du tram d’Annemasse figurent en tête de liste. Le Grand Genève concède que l’extension du tram vers Saint-Genis pourrait dans un premier temps être remplacée par un bus performant.

Et Luc Barthassat? Il s’est attelé à dissiper les «rumeurs» selon lesquelles Genève tarderait à réaliser les précédents projets. Il a longuement listé les prochains chantiers prévus. Et de conclure: «Genève investira 3 milliards dans la mobilité ces dix prochaines années.»

Une manne qui tombe à pic

Enfin, mardi soir, la Commission parlementaire des travaux a voté le crédit d’études pour la traversée du lac et l’a fait aussitôt savoir. Une majorité composite a octroyé au magistrat une manne plus généreuse que celle que ses collègues du Conseil d’État étaient prêts à lui concéder.

Le plénum aura le dernier mot. Mais cette décision d’étape sur un crédit attendu de longue date est une aubaine pour un élu en panne de bonnes nouvelles (entre une panne de SeaBubble ou un Vélib’ en échec judiciaire) et dont le bilan est parfois jugé maigre. «Je ne peux nier que cela tombe bien», lâche Guy Mettan, président PDC de la commission. Mais, jure-t-il, le calendrier du vote et sa communication sont à mettre en rapport avec le bouclement de la législature et l’importance du sujet plutôt qu’avec les enjeux électoraux.

Créé: 25.04.2018, 18h32

Articles en relation

La traversée du lac sème la pagaille à droite comme à gauche

Le traditionnel clivage gauche-droite s’est bouleversé dans la Commission des travaux. Plusieurs partis sont divisés. Plus...

La traversée du lac est en passe de recevoir 24 millions

Mobilité La Commission des travaux vote une version élargie du crédit d’études voulu par le Conseil d’État. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.