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Luc Barthassat critique son successeur après douze jours

La première décision de Serge Dal Busco suscite les foudres de son camarade de parti évincé aux élections.

L'ancien conseiller d'Etat Luc Barthassat.
L'ancien conseiller d'Etat Luc Barthassat.
Lucien Fortunati

C’est à un duel incongru qu’ont assisté mardi soir les spectateurs de Léman Bleu. Alors que le nouveau ministre des Transports Serge Dal Busco venait d’annoncer la fin d’un test d’ouverture de la voie de bus de la route des Jeunes aux motos, son prédécesseur a vivement critiqué cette décision à l’antenne. Sur le plateau de la télévision locale, Luc Barthassat a critiqué la mesure qu’il venait aussi d’épingler sur 20minutes.ch. Dans une autre émission de Léman Bleu, Serge Dal Busco a jugé l’épisode «assez surprenant» et indiqué que l’essai s’arrêtait le 27 mai. Quatre jours avant sa prestation de serment. Le nouveau patron des Infrastructures n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Une guerre fratricide entre les deux démocrates-chrétiens va-t-elle miner la législature? «Des médias m’ont contacté et je n’ai fait que leur répondre: ce n’est pas parce que je ne suis plus conseiller d’État que je dois me taire comme individu, explique Luc Barthassat. Les essais étaient concluants et il était décidé de les poursuivre. Les usages veulent aussi qu’on respecte ce qui a été fait durant la législature précédente. Et si on veut changer de direction, comme je l’ai fait pour la rue de l’École-de-Médecine, on procède à des consultations.»

Président du parti, Bertrand Buchs reste serein. «C’est un épiphénomène, juge-t-il. Les deux doivent discuter et trouver un modus vivendi. Les décisions seront nombreuses et il ne faudrait pas que Luc Barthassat réagisse à chaque fois. Serge Dal Busco doit être libre de mener la politique qu’il juge bonne pour Genève et qui ne différera sans doute guère de celle de Luc Barthassat.» «Pour le parti, ça fait moche dans le paysage, enchaîne François Lance, représentant PDC à la Commission des transports. Je comprends Luc Barthassat, qui a mis beaucoup d’énergie dans ce projet et qui a peut-être été mis sous pression par ses amis motards. Mais il doit prendre de la distance par rapport au nouvel Exécutif.»

Dans la même commission parlementaire, bon nombre de membres notent que l’usage veut qu’un magistrat sortant observe une certaine réserve à l’égard de son successeur. «En politique, il faut savoir servir puis disparaître, relève Alexandre de Senarclens (PLR). Sans me prononcer sur le fond, je déplore la forme: on n’intervient pas au sujet des décisions de son successeur.»

La gauche concorde. «La continuité institutionnelle commande de respecter les décisions de son successeur et celles de son prédécesseur: Luc Barthassat aura fait faux dans les deux cas, pointe Mathias Buschbeck (Verts). Cela surprend d’autant plus qu’ils sont du même parti et qu’on ne s’attend pas à un changement fondamental de ligne.» «Luc Barthassat nous a habitués à s’écarter des règles non écrites, relève Caroline Marti (PS). Je ne suis pas étonnée, même si je trouve cette attitude dommageable. Je comprends qu’il soit agacé, mais il n’a pas à le dire.»

L’UDC Christo Ivanov, lui, vole au secours de l’ancien élu. «La bête est blessée et on l’achève, gronde-t-il. C’est pathétique, bas, dégueulasse! S’il rouvre la guerre des transports, Serge Dal Busco devra assumer.»

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