La «liquidation» de Naxoo a commencé en catimini

VotationsCablecom démarche les clients du câblo-opérateur. Sans attendre le 9 février, date du référendum contre la vente des actions de la Ville.

Après l’envoi des décodeurs du nouvel opérateur, que restera-t-il de Naxoo?

Après l’envoi des décodeurs du nouvel opérateur, que restera-t-il de Naxoo? Image: Laurent Guiraud

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Le courrier reçu par les clients de Naxoo semble ne laisser aucun choix: «Votre abonnement de télévision numérique sera transféré le 14.01.2014 chez UPC Cablecom.» Sans manifestation de leur part, les abonnés recevront un nouveau décodeur, signe qu’ils acceptent les conditions générales.

A quelques semaines du prochain référendum communal, la manœuvre est curieuse. En effet, la population doit se prononcer le 9 février sur la décision de la Ville de céder les actions qu’elle détient dans 022 Télégenève SA-Naxoo, l’opérateur public, à UPC Cablecom, acteur privé et actionnaire minoritaire.

Avec cette migration activement accompagnée, est-ce à croire que le sort de Naxoo est scellé avant le vote? Mais surtout, pourquoi la migration est-elle annoncée alors qu’un refus de la vente des actions au câblo-opérateur zurichois pourrait sortir des urnes?

Cablecom aux commandes

En réalité, la migration de Naxoo à Cablecom a bel et bien débuté. L’été dernier, Le Courrier révélait l’existence du projet «Rhône 2», un système permettant à la société de proposer une offre de Triple Play, mise en place par un fournisseur unique – UPC Cablecom en l’occurrence – prenant en charge la TV digitale, l’internet et le téléphone fixe. D’où la proposition aux clients de passer chez Cablecom en ce début d’année. Questionnée sur les liens entre la votation du 9 février et cette migration, Sandrine Salerno, conseillère administrative, qui a porté cette vente au nom de la majorité de l’Exécutif insiste sur le fait «qu’elle n’a rien à voir avec l’objet du référendum». Comme elle, le directeur de Naxoo, Didier Fischer, tient à clarifier: le courrier concerne uniquement cette nouvelle offre «plus complète». «Nous offrons la possibilité de migrer. Les clients ont le choix; ils peuvent refuser et aller chez les concurrents, Swisscom ou Sunrise, s’ils le souhaitent.»

Naxoo, une coquille vide?

Mais après l’envoi des décodeurs du nouvel opérateur, que restera-t-il de Naxoo? «La société demeure active, le personnel est là», répond Didier Fischer. Dès lors, qu’en est-il des clients qui décident de poursuivre avec Naxoo pour leur télévision? «Les contrats seront menés jusqu’à leur terme», informe le président du téléréseau, malgré le fait que ces éléments ne figurent nulle part dans la lettre envoyée aux clients Naxoo. Enfin, qu’adviendra-t-il de Naxoo si le peuple vote non, et donc que la Ville reste actionnaire? Simon Brandt, élu municipal PLR, a suivi de près le dossier. S’il s’est prononcé en faveur de la vente des actions, il critique toutefois la manœuvre. «En cas de non, il ne restera à Naxoo que les clients les moins rentables, à savoir ceux qui ne paient que la télévison. Dès lors, la Ville n’aura aucun moyen de pérenniser sa participation dans une telle société.»

Référendaires scandalisés

Du côté des initiants du référendum populaire, les méthodes d’UPC Cablecom pour se substituer à Naxoo avant le vote du 9 février sont qualifiées de «scandaleuses». «On se fait danser sur le ventre, clame Pierre Vanek, responsable du comité d’initiative. Naxoo est vidé de l’intérieur. On force la main des clients et des citoyens. Il aurait fallu laisser le peuple se prononcer d’abord, puis prendre des décisions.»

Syndicats divisés

Finalement, l’un des enjeux liés à l’éventuelle vente des parts de la Ville concerne la centaine d’emplois que compte Naxoo. Sur ce terrain, un profond désaccord mine Syndicom. D’un côté, Giorgio Pardini, membre du comité directeur du syndicat des médias et de la communication, se félicite d’un accord signé avec la Ville et Naxoo. «Cablecom va maintenir les emplois, et risque même d’augmenter le nombre de collaborateurs en cas de vente», assure-t-il. Mais au même moment, la section genevoise de Syndicom, tout comme la communauté genevoise d’action syndicale, s’oppose fermement à la vente des actions de la Ville.

Créé: 03.01.2014, 21h58

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