Le village de Marchissy est à sec

EauLes sources ne suffisent plus à alimenter les 460 habitants. Un tuyau a été tiré à travers champs pour se connecter au réseau de Gimel.

Le municipal Jean-Claude Bays n’attend aucune amélioration avant au moins trois semaines.

Le municipal Jean-Claude Bays n’attend aucune amélioration avant au moins trois semaines. Image: Vanessa Cardoso

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Marchissy a soif. Les sources du village sont presque taries. Celle de la Grillette ne fournit plus qu’un litre par minute, alors que son débit en période faste est de 80 à 100 litres. Les deux autres sont un peu plus généreuses, mais restent en dessous de ce qu’elles ont l’habitude de cracher. Il manque aujourd’hui plus de 20 litres à la minute pour répondre aux besoins des 460 habitants. Si bien qu’un tuyau a été tiré à travers champs sur 300 mètres pour s’alimenter aux riches sources de Gimel, via les réseaux de Saint-Georges et de Longirod, comme l’a révélé le quotidien «La Côte».

«La situation est exceptionnelle», souligne le municipal des eaux, Jean-Claude Bays. La mesure l’est donc tout autant. Le village a besoin de 120 000 litres par jour. Ses sources lui en fournissent un peu plus de 80 000, alors que les 40 000 restants sont tirés des sources à Gimel. «Nous n’attendons pas d’amélioration avant au moins trois semaines», avance même l’élu. Quand il pleut, c’est le temps qu’il faut avant que l’eau vienne gonfler les sources. Comme les averses ne sont pas attendues ces prochains jours, il faudra être patient avant un retour à la normale.

Un tous-ménages a ainsi été distribué à la population pour l’inviter à faire attention à sa consommation. «On n’interdit pas, car c’est un message compliqué à faire passer, explique Jean-Claude Bays. On préfère sensibiliser nos administrés.» Des douches plus courtes, éviter de laisser couler l’eau quand on lave la salade, ne pas laver sa voiture ni remplir son spa: de petits gestes qui permettent de précieuses économies. Le municipal a constaté leurs effets, lui qui contrôle le niveau du réservoir de la Commune trois fois par jour, au lieu d’une fois toutes les deux semaines en période normale. Vendredi matin, il a observé que le bassin du Molard, qui recueille le précieux liquide avant d’être distribué dans les ménages, se remplissait de nouveau. Il était plein à 80%.

La soif de 500 vaches

L’équilibre reste précaire. Pendant les vacances scolaires, les villageois sont moins nombreux et leur retour pourrait inverser la tendance. Le réservoir a une capacité de 400 000 litres, mais la moitié ne peut être utilisée, puisqu’elle est bloquée pour la défense incendie. C’est-à-dire que Marchissy ne compte qu’un jour de réserve d’eau de consommation. Pas une goutte de plus. Dans le village agricole, la pénurie pourrait être problématique pour les 500 vaches qui vivent dans la commune et qui consomment entre 80 et 100 litres par jour.

Marchissy n’est pas la seule commune du haut du district de Nyon à avoir des problèmes d’eau. Saint-George et Longirod tirent aussi la langue depuis quelques semaines. Mais ces deux villages ont une solution durable, étant connectés depuis plusieurs années à Gimel, qui bénéficie d’un approvisionnement exceptionnel (lire ci-dessous). Les ressources de Saint-George ne couvrent que 5% de ses besoins, alors que Longirod nécessite généralement une aide durant la période de l’étiage. «Cette année, nous étions bons jusqu’en août, puis en deux semaines le niveau des sources est descendu abruptement, explique le syndic, Éric Chesaux. Un des captages est à sec depuis le 15 septembre.»

Créé: 21.10.2018, 17h34

Vers un grand réseau

«Il faut que nous pensions rapidement à l’avenir, prévient Jean-Claude Bays, car la pénurie risque de se reproduire.» Le municipal de Marchissy estime qu’il est indispensable d’étudier la jonction définitive de sa commune au réseau de Gimel.
La solution est par ailleurs inscrite dans le plan directeur de distribution de l’eau, qui prévoit la connexion des réseaux de huit communes (Saubraz, Gimel, Saint-Oyens, Essertines-sur-Rolle, Saint-George, Longirod, Marchissy et Burtigny). Cette structure existe déjà entre Gimel, Saint-George et Longirod, et elle doit être étendue. Elle optimisera alors la gestion de
la ressource en facilitant les échanges entre les villages.

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