Le vapeur «Le Rhône» aura son bain de jouvence

Belle ÉpoqueAprès 18 mois de travaux et 16 millions de francs, le bateau Belle Époque pourra à nouveau voguer sur les eaux du Léman.

«Le Rhône» faisait pâle figure dans la grisaille de novembre. Il est arrimé à «L'Helvétie», le dernier bateau de la flotte Belle Epoque en attente de rénovation.

«Le Rhône» faisait pâle figure dans la grisaille de novembre. Il est arrimé à «L'Helvétie», le dernier bateau de la flotte Belle Epoque en attente de rénovation. Image: Jean-Christophe Bott/Keystone

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«Nous allons écrire un nouveau chapitre de l’Histoire de la navigation sur le Léman.» L’enthousiasme de Nuria Gorrite, présidente du Conseil d’État vaudois, est à la hauteur du chantier qui s’annonce pour le bateau Belle Époque le Rhône mis hors service en septembre 2017.

Près de 16 millions de francs seront nécessaires pour donner une troisième vie (c’est sa deuxième rénovation complète) à ce fleuron de la flotte historique de la Compagnie Générale de Navigation (CGN). Dans cette armada de huit navires, le Rhône, construit en 1927, est le dernier à être arrivé sur le lac. C’est aussi le 7e à bénéficier du vaste programme de restauration entrepris par la CGN depuis presque vingt ans. «Nous nous rapprochons de la fin de la phase 1 du projet, a annoncé Maurice Decoppet, président de l’Association des amis des bateaux à vapeur (ABVL). Cela signifie que nous pourrons enfin dire que tous les navires Belle Époque ont été sauvés. Ensuite, la phase 2 consistera à garantir leur entretien et leur préservation dans la durée.» Il restera ensuite la troisième rénovation partielle du Simplon en 2023, puis l’Helvétie devrait avoir droit à un lifting complet en 2026, «et on sera bon pour 30 ans» conclut Maurice Decoppet.

Une rénovation complète de 18 mois attend le Rhône. Toute la serrurerie sera repensée, le cloisonnement des parties étanches sera mis aux normes de sécurité actuelles et le bateau sera entièrement décapé pour être recouvert avec des peintures résistantes à l’eau et au feu. Voilà pour les aspects extérieurs.

Le confort des passagers n’a pas été oublié, puisque les salons seront restaurés et les cuisines modernisées pour correspondre aux exigences d’hygiène. «Aujourd’hui, on n’y met plus de boiseries par exemple», note Maurice Decoppet. Côté machinerie, une chaudière plus écologique et plus économique équipée d’un filtre à particules devrait être installée, «la machine à vapeur sera bien entendu conservée», ajoute le président de l’ABVL. Tout cela dans le respect des aspects historiques du bâtiment. Le retour du Rhône sur l’horaire de la CGN est prévu pour fin 2020, début 2021.

L’occasion de relancer la ligne Rhône Express qui reliait Genève à Saint-Gingolph? «Non», répondent d’une seule voix Nurria Gorrite et Maurice Decoppet. Cela n’empêche pas ce passionné des bateaux Belle Époque d’y songer: «Sur le lac des Quatre-Cantons, il y a le Gothard Express qui est très apprécié par les Japonais. Mais on dit que les gens n’ont plus le temps. À l’époque, c’était un trajet de 12 h! Alors est-ce qu’aujourd’hui la clientèle existe pour ce genre de course? C’est difficile à dire. En plus, il faudrait deux équipages pour respecter les lois sur le travail. Donc c’est un doux rêve pour le moment.»

Le financement du chantier sera assuré à hauteur de 7,6 millions par le Canton de Vaud, 4,2 millions viendront de Genève et 1 million du Valais. L’ABVL versera le solde de 3 millions grâce aux dons récoltés. (TDG)

Créé: 22.11.2018, 20h49

« J’ai vogué sur «Le Rhône» »



Pour annoncer le bouclement du financement de la rénovation du Rhône, la CGN a choisi le salon Belle Époque du Savoie. Parmi son équipage, il y a Miguel Brea, timonier. Il travaille à la CGN depuis dix-huit ans. Le sauvetage de la flotte historique, il l’a vécu de l’intérieur. La fin du Valais, installé dans la rade de Genève avant d’être démantelé: «C’est toujours un crève-cœur pour moi», raconte-t-il. Et puis récemment le désarmement du Rhône sur lequel il a été contrôleur puis timonier: «C’est comme quelque chose que l’on enlève d’une photo ou d’un paysage, c’est plus pareil après. Je me réjouis de le revoir sur le lac.»

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