«La teuf sans risque» agit auprès des jeunes fêtards

PréventionA chaque retour de l'été, L'Espace Prévention arpente les plages des districts de Morges et Nyon afin de rappeler les bons comportements à adopter.

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L'équipe de "La teuf sans risque" sillonnera les plages de la côte jusqu'au 4 juillet. Image: DR

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L’été est de retour. Le soleil, la chaleur, la plage et avec eux les soirées – arrosées ou non – au bord du lac. Prisées notamment par les jeunes, ces dernières se transforment parfois en «botellón» avec une consommation d’alcool et de drogue souvent excessive.

Pour prévenir des risques encourus lors de ces nuits festives, l’Espace Prévention de la Côte a mis sur pied une action estivale spécifique, «La teuf sans risque». «Cette idée est née il y a douze ans, raconte Gérald Magnin, coordinateur des travailleurs sociaux de proximité de la Côte. Elle est partie d’un constat simple: il y avait énormément d’abus lors des soirées du début de l’été, notamment pour fêter les promotions. On y voyait beaucoup d’alcool, de cannabis et d’autres substances. Rien n’était vraiment contrôlé.»

Ce travailleur social de proximité décide donc de tirer la sonnette d’alarme auprès des autorités locales et de la fondation vaudoise contre l’alcoolisme. «On est arrivé à la conclusion qu’il fallait faire de la prévention, poursuit Gérald Magnin. La question restait de savoir comment. Plutôt que de distribuer des flyers que personne ne lit, nous avons pensé à quelque d’utile: des sacs poubelles, des préservatifs et des bouteilles d’eau.»

De la part de jeunes

«L’alcool déshydrate, donc l’eau permet de contrer cet effet problématique. C’est un super vecteur et, en plus, il y a des messages de prévention sur les bouteilles. Ça permet de rendre les jeunes attentifs.» Des slogans qui indiquent notamment les numéros à contacter en cas d’urgence, de ramasser ses déchets, de ne pas laisser un ami alcoolisé tout seul et aussi de ne pas oublier de se protéger en cas de rapport sexuel. Le tout expliqué en direct par des jeunes sillonnant les plages. «Pour nous, il était évident que cette action devait venir de personnes du même âge, développe Gérald Magnin. En faisant de la prévention par les pairs, ça passe mieux. C’est aussi une opportunité pour ceux qui souhaitent travailler dans le domaine du social ou de la santé.»

Tous les vendredis et samedis soirs, de 20 h 30 à 2 h du matin, depuis le 12 mai, ils sont donc huit à parcourir 14 plages des districts de Morges et de Nyon afin de passer le message et les «petits cadeaux». Parmi eux, Sarah Serafim, 21 ans, et Kimberley Nnady, 24 ans. «J’ai vu une affiche à la Haute École de travail social, explique Kimberley. Comme je m’intéresse aux comportements dangereux et à la manière de les prévenir, je me suis dit que ce milieu festif était idéal pour commencer.»

Sarah Serafim réitère l’expérience pour la deuxième fois. «J’aime beaucoup le contact avec les gens. Et, dans cette situation, c’est vraiment quelque chose d’enrichissant. Souvent, ils nous posent des questions et nous racontent des situations qui leur sont déjà arrivées. Tout se fait dans un esprit d’ouverture et d’écoute, loin des clichés selon lesquels les jeunes qui font la fête sont violents ou malpolis.» En patrouilles de deux, vêtus d’un t-shirt jaune très voyant, les ambassadeurs de «La teuf sans risque» ont été formés afin de savoir se comporter face aux groupes de fêtards. «On nous a enseigné plein de choses sur l’alcool et les drogues, détaille Kimberley. J’ai beaucoup appris et je suis convaincue que tout ça me servira aussi par la suite.»

Bénéfique pour tous

Mais les jeunes ne sont pas seuls, les travailleurs sociaux les accompagnent. «Ils ne sont jamais loin, assure Sarah Serafim. En cas de problème important, comme une grosse bagarre ou une blessure par exemple, on peut les appeler et ils prennent le relais.» Et quand on demande aux deux jeunes femmes s’il n’est pas trop difficile de sacrifier ses soirées entre amis pour participer à cette action, leur réponse est unanime. «Pas du tout, lance Sarah. Ce qui est chouette, c’est qu’on s’imprègne de leur ambiance.» Et Kimberley d’ajouter: «Et puis, on peut choisir nos soirées. Du coup, on arrive quand même à garder des jours pour nous. Mais ce n’est vraiment pas dérangeant de donner de son temps pour une action comme celle-là, car je pense que c’est bénéfique autant pour ceux que l’on rencontre que pour nous.» (TDG)

Créé: 11.06.2017, 14h07

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