Harcèlement: le SSP toujours plus divisé

DissensionsUne résolution dénonce le «lynchage médiatique» d'un ancien collaborateur. Après la centrale suisse, les coprésidents de la section genevoise s'en distancient.

En décembre 2019, une dizaine de femmes témoignaient dans la «Tribune» pour dénoncer des comportements inappropriés d'un syndicaliste.

En décembre 2019, une dizaine de femmes témoignaient dans la «Tribune» pour dénoncer des comportements inappropriés d'un syndicaliste. Image: DR

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Samedi, la «Tribune de Genève» relatait des dissensions internes au sein du Syndicat des services publics (SSP) autour des accusations de harcèlement touchant l'un de ses anciens employés, désormais actif chez UNIA. Le comité de la région genevoise du SSP a effectivement rédigé une résolution afin de soutenir cet ex-collègue, ce qui n'a pas manqué de diviser à l'interne.

Ces divergences sont telles que cet après-midi encore, les deux co-présidents du SSP Genève se sont distanciés publiquement de ce texte. «La parole des femmes qui se disent victimes doit être prise au sérieux, déclarent Anne Michel et Fabrice Scheffre. Les soupçonner de participer à une sorte de cabale ou complot contre le syndicat reviendrait à rajouter l’humiliation aux blessures morales déjà subies. En ce sens, comme l’ont déjà fait le 8 décembre dernier la présidente et le secrétaire général du SSP au niveau national, nous saluons le courage de ces femmes qui ont pris la responsabilité de ne plus taire le harcèlement subi.»

La résolution, que la Tribune a pu consulter, dénonce «toute forme de lynchage public à travers les médias, qui va à l'encontre d'une justice transparente, démocratique, réparatrice et constructive.» Pour les auteurs du document, les cas de harcèlement de femmes publiés dans nos colonnes le 6 décembre dernier seraient en effet le fruit de règlement de comptes déguisés, montés en épingle médiatiquement et instrumentalisés par certains «pour nous diviser et affaiblir les syndicats». S'il dénonce toute forme de discrimination et de harcèlement, ce texte précise qu'il faut s’attaquer aux causes et donc combattre le système, plutôt que de s’attaquer aux individus en stigmatisant les personnes, attitude qui favoriserait «l’anti-syndicalisme».

Rappelons que les propos contenus dans cette résolution ne font pas l’unanimité au sein de la section genevoise du syndicat, mais aussi au sein du SSP Suisse puisque Katharina Prelicz-Huber, sa présidente, a prévenu que la résolution serait désavouée si elle venait à être publiée. Une assemblée générale extraordinaire est prévue prochainement afin de traiter de ces dissensions, mais la date n'a pas encore été fixée. SolidaritéS a également réagi à ce remue-ménage interne, exprimant vendredi son soutien à la démarche des victimes.

En décembre, une dizaine de femmes ont témoigné dans la «Tribune» pour dénoncer des comportements inappropriés de ce syndicaliste, allant des gestes physiques déplacés au harcèlement par SMS.

Créé: 03.02.2020, 17h25

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