Harcelée aux CFF, elle essuie un revers en justice

Tribunal administratif fédéralLes juges estiment que l’employée, qui a perdu sa place à Genève, devait postuler ailleurs.

Le poste de B. a été supprimé l'an dernier.

Le poste de B. a été supprimé l'an dernier. Image: Laurent Guiraud

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B. n’est pas sortie de l’auberge. Il y a un an, cette employée des CFF, qui avait été braquée en 2011 puis harcelée au travail, témoignait dans nos colonnes de son combat. Après que les CFF lui ont octroyé en 2016 l’équivalent d’un mois de salaire (ndlr: elle en demande quatre) pour avoir subi ces «remarques et plaisanteries sexistes», la Genevoise voit son poste au sein du groupe d’intervention à Genève disparaître. Cela dès février 2017. Motif: une réorganisation au niveau national.

C’est dans ce contexte d’économies que l’employée, qui intervenait notamment lors de pannes, a saisi la justice. Elle essuie aujourd’hui un premier revers. Le Tribunal administratif fédéral (TAF) constate d’emblée qu’il n’y a pas de licenciement entré en force à ce jour. Pour les juges, les CFF respectent la procédure en matière d’annonce de suppression de poste et de proposition de reclassement.

Pourtant, B. considère que ses ennuis sont liés au harcèlement subi. Pour elle, la réorganisation était un prétexte pour l’évincer et la placer dans le Centre du marché du travail. Cette structure interne aux CFF oriente l’employé perdant son poste lors de restructurations tout en lui versant un salaire. «Ce centre ne donne aucune garantie de réintégration, ni de reclassement dans un poste en adéquation avec les qualités et les compétences, déplorent les avocats de B., Mes Daniel A. Meyer et Butrint Ajredini. Le TAF a fait preuve d’un manque cruel de sensibilité en considérant notamment que tout cela serait uniquement motivé par la restructuration. Or, l’unité qui l’employait à Genève a vu son effectif augmenter contrairement aux autres unités de l’entreprise en Suisse.»

A noter qu’au moment de la suppression du poste, B. et ses collègues ont été invités à repostuler auprès de leur unité à Genève ou ailleurs au sein de l’entreprise. L’employée a donc fait valoir sa candidature, cette fois comme manager à Genève. Mais la direction lui conseille de postuler ailleurs en raison des incidents passés. Ce qu’elle n’a pas fait selon le TAF. Or, «en ne postulant pas pour une autre région, B. s’est elle-même fermé l’espoir de réintégrer les équipes d’intervention (ndlr: par exemple à Lausanne), concluent les juges.

Les avocats de B., qui feront recours, ont une autre lecture des faits: «Le TAF reproche à B. d’avoir postulé à Genève suite à la perte formelle de son poste, ce qui apparaît comme une nouvelle sanction à son égard, alors que ses collègues mis en cause dans le harcèlement ne se sont vus infliger aucune sanction.» Fedele Mendicino

(TDG)

Créé: 11.09.2017, 18h35

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