Des habitants dénoncent «le bourrage de la ville»

Aménagement Des associations condamnent la densification du centre-ville alors que la périphérie reste épargnée.

La Cité-Honegger à la Jonction. Deux étages supplémentaires y sont prévus. Les habitants ont recouru contre cette surélévation au motif d'une surdensification du quartier.

La Cité-Honegger à la Jonction. Deux étages supplémentaires y sont prévus. Les habitants ont recouru contre cette surélévation au motif d'une surdensification du quartier. Image: Pascal Frautschi

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«La pression sur les Pâquis devient énorme. On surélève partout, on construit dans les cours, et toutes les arcades qui se libèrent sont transformées en bar de nuit. Le quartier devient invivable.» Le constat émane de Claude Witschard, membre de Survap, l’Association Survivre aux Pâquis.

Le quartier chaud n’est pas le seul à se rebeller. Plusieurs associations de quartier ont décidé de se réunir. A la Jonction, aux Délices, aux Grottes. Toutes dénoncent une péjoration de la qualité de vie liée, principalement, à ce qu’elles considèrent comme «une surdensification de la ville.»

«Il y a deux poids, deux mesures», dénonce Jean-Pierre Fioux de la Jonction. On continue de bourrer la ville alors qu’à la périphérie, on se contente de petits projets à faible densité. Ces associations militent dès lors pour «plus d’équité dans l’occupation du territoire.»

Un exemple? «A la Jonction, l’Hospice général veut ajouter deux étages à la Cité-Honegger, rappelle Michel Schweri, président de l’association de la Jonction. La densité y est déjà de 2,7. Or, l’Hospice construit à Vessy pour une densité de 0,8.» L’association a recouru contre ce projet de surélévation.

Aux Pâquis, on déplore une utilisation abusive de la loi sur les surélévations. «Sur 30 projets acceptés, 25 l’ont été par dérogation, affirme Claude Witschard. La loi est contournée, l’exception devient la loi.» Conséquence directe: «les équipements ne suivent pas. Certains de nos enfants devront aller à l’école sur la rive gauche par manque de place dans le quartier.»

Survap soupçonne aussi des abus. «Un immeuble a été surélevé pour réaliser quatre appartements. Or, selon les habitants de l’immeuble, seul le propriétaire habiterait ces surfaces. Nous avons demandé que le Département des constructions intervienne pour faire respecter la loi.»

Survap dénonce aussi la généralisation des baux à durée déterminée. «Ça devient malheureusement la règle dans le quartier», prétend Paolino Casanova. Ce dernier déplore aussi la multiplication des projets de luxe. «Le pire, c’est que nous nous sommes battus des années pour obtenir des places et des rues piétonnes. Et maintenant, les promoteurs mettent cela en avant pour vendre leurs lofts!»

Ces associations ont dressé une sorte de cahier des charges à l’intention du futur responsable du Département des constructions. Elles réclament notamment une meilleure prise en compte des besoins des habitants, des mesures «contre la spéculation immobilière» et un «moratoire à toute hausse de loyer».

Créé: 07.06.2012, 16h27

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