«Un signal fort pour le Grand Genève»

Élections cantonalesLa débâcle des partis populistes est vécue comme une opportunité par les partisans de la coopération transfrontalière.

Le chantier du tram dans la rue de Genève, à Annemasse.

Le chantier du tram dans la rue de Genève, à Annemasse. Image: Lucien Fortunati (archives)

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De part et d’autre de la frontière, les partisans du Grand Genève ne cachent pas leur joie au lendemain de ce dimanche d’élections cantonales. «Je suis hyperheureux que le MCG fonde de moitié au Grand Conseil et que l’UDC chute. Les Genevois reviennent vers les partis traditionnels et laissent tomber les populistes qui, à part vomir sur les frontaliers, n’ont pas fait grand-chose», lance Gabriel Doublet, vice-président du pôle métropolitain du Genevois français.

Même enthousiasme de la part de Christian Dupessey. Le président d’Annemasse agglomération s’est d’ailleurs fendu d’un tweet à l’annonce des résultats: «Je me félicite du recul sensible des partis xénophobes et antifrontaliers. Bravo aux électeurs genevois.»

«Penser les projets par-delà la frontière»

Côté genevois, l’ex-conseiller d’État Vert David Hiler, fin connaisseur des questions transfrontalières, estime que «ce résultat envoie un signal fort en faveur du Grand Genève». À ses yeux, le recul des populistes, mais aussi «le coup de semonce fédérale (Ndlr: soit la baisse annoncée de la subvention de la Confédération au projet d’agglomération) dû à l’absence d’avancée des projets de mobilité transfrontalière, dont le corollaire est le score fort moyen de Luc Barthassat (Ndlr: ministre sortant chargé de la mobilité) sont autant d’encouragements à aller de l’avant en matière de coopération transfrontalière.»

Un signal que perçoit le socialiste Thomas Wenger, fraîchement réélu au Grand Conseil. Déclarant se «réjouir du fait que les partis populistes qui utilisaient les frontaliers comme bouc émissaire aient perdu», il affirme que «cela ouvre de nouvelles perspectives pour l’avenir de certains dossiers comme celui de la mobilité. D’autant qu’aujourd’hui, pour résoudre les problèmes en la matière, il faut penser les projets par-delà la frontière.»

Antoine Vielliard, maire de la commune frontalière de Saint-Julien-en-Genevois, estime lui aussi que «les populistes ont désigné des boucs émissaires mais n’ont rien proposé pour résoudre les problèmes qui touchent les Genevois». Mais attend de juger sur pièce le nouveau parlement: «Il y a toujours autant de partis et toujours pas de majorité. Or, par définition, si Genève est ingouvernable, le Grand Genève l’est aussi.»

Claude Barbier, président du Cercle du Grand Genève est plus optimiste: «Les quatre partis traditionnels progressent et obtiennent 72% des voix. A priori, il n’y a donc plus de raison pour qu’il y ait un frein au renforcement de la politique régionale puisque la pression du MCG est retombée.» Gabriel Doublet croit lui aussi en «un parlement plus constructif. Les partis traditionnels peuvent reprendre la main et ne plus se laisser guider par la peur du populisme.»

Si la situation est claire au Grand Conseil, elle ne l’est pas encore au Conseil d’État. Se pose notamment la question de la succession de François Longchamp à la gestion des affaires transfrontalières. Selon la Constitution, ce dossier revient au président du Conseil d’État. «Il serait assez logique que ce soit Pierre Maudet», avance Gabriel Doublet. Une perspective qui réjouit Christian Dupessey. «Il a le charisme, la volonté et un regard positif sur le Grand Genève comme il l’a montré dans la collaboration transfrontalière entre les polices notamment.»

Citant l’enquête réalisée par le Cercle du Grand Genève auprès des candidats au Conseil d’État, Claude Barbier relève que «tous les papables (à l’exception de Mauro Poggia qui n’a pas répondu au questionnaire) affichaient leur volonté de s’investir dans cette politique régionale. Quitte à ce qu’il y ait une nouvelle répartition de la thématique transfrontalière entre les départements plutôt qu’uniquement aux mains du département présidentiel.»

«Reconstruire le lien»

Tout n’est cependant pas tout rose, soulignent les uns et les autres. Gabriel Doublet «constate que si les partis populistes n’étaient pas divisés, le résultat aurait pu être différent. Leurs scores combinés montrent qu’ils représentent une part importante de l’électorat. Il ne faut donc pas crier victoire trop vite. Il y a encore beaucoup de travail pour convaincre l’opinion publique.»

Pour Antoine Vielliard, «les relations transfrontalières sont très détériorées à l’issue de cette législature. Il va falloir reconstruire ce lien.» David Hiler rappelle que la «panne» remonte au refus des Genevois en mai 2014 de cofinancer des P+R en France voisine. «Il faut désormais repartir de ce qui était prévu en 2007. Car, qu’on le veuille ou non, le Grand Genève est une réalité.» (TDG)

Créé: 17.04.2018, 08h35

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