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Pour que naisse un «esprit du Grand Genève»

Il y a plus d’une décennie maintenant que la Confédération helvétique a souhaité que les grandes villes suisses organisent leur développement avec leurs périphéries, solidairement, à l’instar de toutes les métropoles du monde, quand bien même celles-ci auraient l’originalité d’être traversées par une frontière. Genevois, Vaudois et Français se sont organisés dès lors pour répondre à cet appel. C’est la mission du Groupement local de coopération transfrontalière du Grand Genève (GLCT). Lors de la dernière assemblée du GLCT, M. Antonio Hodgers, son nouveau président, a confirmé la feuille de route que le Conseil d’État s’était fixée il y a quelques mois.

La realpolitik du Grand Genève ne doit pas se cantonner à l’obtention de subventions bernoises

Garantir le succès du Léman Express (plus gros chantier ferroviaire actuel d’Europe) et de toutes les mesures d’accompagnement prévues sur nos sols respectifs pour mailler correctement le territoire et permettre enfin une alternative crédible au tout voiture. C’est une vraie révolution qui arrive. 800 millions d’euros sont mis sur la table côté français, sous l’égide du Pôle métropolitain du Genevois français, pour faire aboutir toutes les mesures concernant la mobilité (trams, P+R, bus, voies vertes, etc.). Mobilité qui est donc notre priorité à tous, et qui est la condition sine qua non de la prospérité économique de notre belle région.

Tout cela est évidemment heureux mais il manque quelque chose à cette realpolitik: un esprit à ce Grand Genève, qui ne se résume pas à une espèce de logique de guichet, où la coopération ne se cantonne pas à l’obtention de subventions bernoises. Berne qui, d’ailleurs, nous aurait sans doute plus soutenus dans le dernier projet d’agglomération si nous avions su, Genevois, Vaudois et Français, faire preuve d’une solidarité et d’une coopération plus larges.

Ce qu’il faut désormais afficher, c’est un volontarisme à toute épreuve, de nature à regagner le cœur de nos populations assimilant bien souvent les démarches de structuration régionale aux pires abominations produites par les chantres de la mondialisation, en n’y voyant bien souvent qu’une espèce de délire technocratique ou d’opération humanitaire au bénéfice de cette banlieue en voie de développement que serait la France voisine, qui lorgnerait sur les finances cantonales tout en préparant aussi et de façon insidieuse le «grand remplacement» de la main-d’œuvre genevoise. Le populisme a laissé des traces, il est vrai, et convaincre sur ces thèmes est une gageure. Pourtant, le Grand Genève n’est pas la maladie, il est le médicament.

Il faut un «esprit du Grand Genève», et montrer à nos partenaires qu’il existe ici un bassin de vie d’un million d’habitants qui partagent plus que des regards désabusés dans les bouchons. Qui savent se fédérer et se battre ensemble pour obtenir le meilleur, quel que soit le côté de la frontière où ils habitent. Qui savent vivre et rire ensemble aussi.

Un «esprit du Grand Genève» qui nous fasse nous réapproprier notre histoire commune, notre culture, qui est belle et riche. Un esprit qui fasse que, sans attendre sempiternellement la carotte bernoise, nous soyons capables de mobiliser des fonds en commun, et de les gérer en commun, un vrai fonds d’agglomération pour soutenir tous les projets d’envergure transfrontalière qui participent à l’amélioration de la qualité de vie de tous, et ce en allant bien au-delà de la question fondamentale des transports. Une vraie logique d’agglomération qui permette à cette région bénie des dieux sur le plan économique et financier de ne pas seulement se mettre à niveau, mais bel et bien de devenir un territoire exemplaire, innovant et précurseur.

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