Qui a vu ce gros coléoptère devrait le signaler

EnvironnementUn inventaire de ces insectes maousses qui bourdonnent comme un avion est lancé à La Côte.

Sa taille peut atteindre 8 centimètres. Le bourdonnant lucane cerf-volant fait peur, mais ce coléoptère est utile dans la nature. Un programme vise à le protéger.

Sa taille peut atteindre 8 centimètres. Le bourdonnant lucane cerf-volant fait peur, mais ce coléoptère est utile dans la nature. Un programme vise à le protéger. Image: LDD

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Peut-être avez-vous vu ces jours atterrir sur votre terrasse ou foncer sur vous un gros insecte fourchu, vrombissant comme un B52! Ce coléoptère, l’un des plus grands d’Europe, se confond en vol avec un hanneton mais se distingue de lui par sa taille (jusqu’à 8 cm), et chez le mâle par des mandibules impressionnantes en forme de bois de cerf. Avec ses pinces, ce lucane cerf-volant semble débarqué d’un pays exotique, or c’est une espèce indigène en régression en Suisse à cause de la transformation de son habitat, soit les souches et racines de feuillus morts. Dans le cadre du Contrat corridors biologiques Lac-pied du Jura piloté par Régionyon, des mesures sont prévues pour le répertorier, le protéger et le favoriser.

Un inventaire de la bête

«Ces jours, on peut les observer, car les lucanes adultes sont actifs entre la fin de mai et le début de juillet. Ils volent en général au crépuscule, mais on peut aussi les voir en journée», explique Alain Maibach, biologiste mandaté par la Direction générale de l’environnement du Canton de Vaud pour rechercher toutes les données relatives à la répartition de cette espèce dans le district de Nyon. La Côte est en effet l’une des régions, avec la Riviera, le Chablais ou encore le pied du Jura, où le lucane se plaît particulièrement. Car le gros coléoptère, qui pond sur les racines de souches en décomposition, n’est pas un insecte de forêt mais de lisière, car il aime la chaleur et la lumière. C’est pourquoi on le rencontre plus particulièrement dans les régions chaudes, soit le long des lacs ou dans les vallées internes des Alpes, où souffle le fœhn.

Mais pour le protéger, il faut d’abord connaître plus en détail sa répartition dans la région. C’est pourquoi le biologiste lance un appel au public, afin que toute présence ou trace de lucane lui soit signalée, avec si possible une petite photo. «Ce peut être l’insecte en vol, comme les restes de sa carapace qu’on retrouve souvent sur le sol, après qu’il a été «prédaté» par les oiseaux ou les chauves-souris», explique l’expert. Inventorier permettra de compléter la cartographie des zones de leur présence pour ensuite répertorier les arbres et souches qui leur servent d’habitat, dans le corridor Jura-Promenthouse, et notamment entre Nyon et Rolle, où l’on constate une grande concentration de lucanes.

Sensibiliser les communes

L’entretien trop propret des sous-bois, durant des décennies, comme le manque d’arbres de structures d’âge différentes sont les principales raisons du déclin du gros coléoptère. L’une des mesures préconisées est donc d’encourager les communes à intégrer dans leur règlement de protection des arbres le maintien des vieilles tiges, quitte à les tailler en cas de dangerosité, et de conserver les souches des arbres abattus à une hauteur de 40 à 80 cm. C’est ce qu’a fait le garde forestier qui a coupé, récemment, une trentaine d’arbres à la plage de Rolle. «Ce qui n’empêche pas de replanter de nouveaux arbres à côté, les souches servant alors d’hôtels à insectes», se félicite le biologiste. Idem en milieu agricole, où il est conseillé de conserver les vieux arbres isolés et leurs souches, comme l’a fait récemment la Commune de Duillier, avec le vieux chêne bordant l’autoroute qui abrite un autre insecte remarquable, le grand capricorne.

Infos: tout signalement de lucane peut être transmis au 021 907 15 15 ou par e-mail à anne.dubuis@amaibach.ch (TDG)

Créé: 27.06.2016, 09h28

En vol, un gros maladroit

En vol, le lucane cerf-volant est plutôt maladroit. Ses ailes sont disproportionnées par rapport à sa taille et son poids, et il a tendance à zigzaguer entre horizontale et verticale. En plus, son impressionnant bourdonnement fait fuir les gens, persuadés d’être attaqués par un monstre. Mais l’insecte, dont les pinces servent surtout à étreindre la femelle, est plutôt pacifique. Si vous restez immobile, il vous confondra aisément avec un arbre et se posera sur vous. C’est la seule espèce européenne qui a ces pinces, il est normal qu’elle fasse peur...

Le coléoptère pond sur les racines d’un arbre mort: la larve pénètre dans les fentes de la souche, puis se nymphose ensuite dans le sol, phénomène visible par les petits trous qui entourent la souche. «Ils se nourrissent de la pourriture du bois. Les cavités qu’ils font permettent de faire entrer les bactéries qui permettent de dégrader le bois», explique Alain Maibach, biologiste.

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