Les frontaliers appelés à ne pas céder aux pressions

InterviewLors de ses assemblées générales, le Groupement transfrontalier européen met l’accent sur les conséquences du franc fort.

Michel Charrat, président du Groupement transfrontalier européen.

Michel Charrat, président du Groupement transfrontalier européen. Image: Lucien Fortunati

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Chaque année au printemps, le Groupement transfrontalier européen (GTE) lance sa série d’assemblées générales dans les différents départements français ayant une frontière avec la Suisse. Après Morteau, en Franche-Comté, et Mulhouse, en Alsace, le GTE s’est arrêté hier à Saint-Genis (Ain). Il sera jeudi, à 19 h, à Annemasse. Cette année, l’accent est mis sur les conséquences du franc fort pour les frontaliers. Le point avec le président, Michel Charrat.

Dans l’invitation à votre assemblée générale, vous annoncez un débat sur les conséquences du franc fort. Que dites-vous à vos membres?

Les frontaliers sont très inquiets. Le franc fort présente un danger majeur pour l’emploi. Nos membres craignent la suppression de leurs places de travail, des baisses de salaire et une augmentation du nombre d’heures. Nous avons invité le syndicaliste d’Unia Alessandro Pelizzari pour parler du cas particulier des frontaliers face au franc fort. L’idée est de rappeler à nos membres de ne céder à aucune pression qui dégraderait leurs conditions de travail et, bien entendu, celles des résidents. Je le dis à la fois pour eux et pour éviter de dérégler le marché de l’emploi suisse. Il faut être solidaire.

Quels sont les autres sujets chauds qui préoccupent aujourd’hui les frontaliers?

L’assurance-maladie est toujours un sujet d’actualité. Nous sommes à la veille de l’échéance des contrats privés. Dès le 1er juin, tous les frontaliers qui avaient choisi une assurance privée basculeront à la Sécurité sociale frontalière. Nous achevons cette transition en accompagnant nos membres, en leur rappelant les démarches à effectuer et en répondant à leurs questions. Plus de 40% des frontaliers n’ont pas encore franchi le pas, il y aura forcément des retards et des problèmes liés au nombre important de dossiers à traiter en même temps. On les prévient. Un des autres sujets chauds à suivre est le projet fédéral de révision de l’imposition à la source, qui risque de dégrader encore un peu plus la situation des frontaliers.

Une des autres incertitudes reste la question des quotas de frontaliers après le vote du 9 février. L’abordez-vous?

Bien sûr. J’ai sous les yeux le projet du Conseil fédéral pour mettre en application l’initiative de l’UDC, la LC221. Il est simplement incompatible avec la libre circulation des personnes. L’Union européenne risque bien de devoir utiliser sa clause guillotine. De notre côté, nous informons nos membres de la situation et les incitons à se mobiliser en participant à nos actions.

Créé: 17.03.2015, 23h35

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