Former les infirmiers: un casse-tête transfrontalier

SantéLa pénurie de personnel soignant frappe le Grand Genève, avec en toile de fond le manque de locaux à Genève comme à Ambilly.

A Ambilly, l’institut actuel forme un peu plus de 400 élèves et étudiants, dans un bâtiment datant de 1974, complété par des éléments modulaires installés dans la cour.

A Ambilly, l’institut actuel forme un peu plus de 400 élèves et étudiants, dans un bâtiment datant de 1974, complété par des éléments modulaires installés dans la cour. Image: Lucien Fortunati

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Région cherche infirmière! telle pourrait être la petite annonce passée par l’ensemble des établissements de santé du Grand Genève. Certes, la pénurie de personnel soignant ne date pas d’aujourd’hui et s’étend bien au-delà de la région lémanique.

Cependant, elle est ici accompagnée par un phénomène bien connu. «En Suisse, le personnel soignant provient principalement de l’autre côté de la frontière. On observe un effet domino. La Suisse se situant en bout de chaîne en raison de sa forte attractivité», résume Sandrine Longet Di Pietro, la responsable de la filière soins infirmiers à la Haute Ecole de santé (HEDS) de Genève. Tel est en effet le constat de base rappelé hier en fin d’après-midi à l’occasion du débat organisé dans le cadre de l’événement HES-SO.

Salaire multiplié par trois

La raison en est simple: le salaire brut d’une infirmière en France dans la fonction publique est de 2008 francs contre 6539 à Genève. Face à ce déséquilibre criant, les autorités politiques et les professionnels de la santé cherchent des réponses à l’échelle transfrontalière. Saluant la «prise de conscience du fait que Genève exporte sa propre pénurie en France voisine», François Abbé-Decarroux, directeur général de HES-SO Genève, estime que la solution passe par une hausse du nombre d’infirmières formées à Genève. «Pour assurer le renouvellement cantonal, il faudrait 185 à 195 nouveaux collaborateurs par an, poursuit Sandrine Longet Di Pietro. Depuis 2011, nous avons augmenté notre capacité d’accueil de 48% mais nous touchons nos limites en termes d’infrastructures.» L’une des pistes évoquées par la HEDS consiste à s’agrandir ou à chercher de nouveaux locaux à Genève.

De l’autre coté de la frontière, à l’institut de formation d’Ambilly les étudiants sont eux aussi à l’étroit. Et pour cause, le bâtiment principal construit en 1974 a été conçu pour accueillir 25 étudiants. «A l’époque, ils avaient prévu large, sourit la directrice Corinne Boulain. Aujourd’hui, nous formons 400 élèves.» Soit les trois promotions de 108 étudiants universitaires qui suivent la formation en soins infirmiers (IFSI) et les 80 élèves qui se destinent à la profession d’aide-soignant (IFAS).

Depuis le début des années 90, les quotas n’ont cessé d’augmenter, dans le but, là encore, de répondre aux besoins de la région. Autour du bâtiment principal, les constructions modulaires ont poussé comme des champignons, abritant des salles d’examens, un modeste réfectoire et même un amphithéâtre.

Sur le site de l’ex-hôpital

Des solutions de bric et de broc, en attendant le futur établissement. Celui-ci doit voir le jour sur le site de l’ancien hôpital d’Ambilly, démoli au profit du CHAL ouvert en janvier 2012 à Contamine-sur-Arve. Porté par la Région Auvergne Rhône-Alpes, le projet est ficelé dans ses moindres détails, jusqu’au nombre de chaises dans chaque salle.

D’un montant de 8 à 9 millions d’euros, le bâtiment comptera 4000 m2 de locaux. «Environ un quart de la surface du futur bâtiment est dédié à l’accueil de formations genevoises», spécifie le conseiller régional Martial Saddier, qui est aussi président du CHAL, maître d’ouvrage du futur institut. Confirmant l’engagement de la nouvelle majorité (les Républicains) du Conseil régional dans ce dossier porté par l’ancienne majorité (socialiste), Martial Saddier précise que seule manque la réponse du Conseil d’Etat genevois. Et envisage même une ouverture du futur IFSI pour septembre 2017. (TDG)

Créé: 11.05.2016, 07h50

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Projet emblématique à bout touchant

«On est à bout touchant d’un dossier très emblématique du transfrontalier», estime Christian Dupessey. Le conseiller régional socialiste porte depuis des années le projet d’une formation transfrontalière du personnel soignant. Lancées avec le conseiller d’Etat Charles Beer, les négociations seraient sur le point d’aboutir. Sous sa forme actuelle, la participation genevoise consisterait en une location de salles au sein du futur institut de formation. Une mutualisation des locaux, donc, et non du contenu pédagogique.

Si HES-SO Genève n’envisage pas de délocaliser une partie de ces cours à Ambilly, la présidente de l’OrTra, organisme genevoise qui se charge de la formation professionnelle dans les domaines de la santé et du social, Claude Howald, croit quant à elle beaucoup à ce projet transfrontalier. Tout comme la directrice de l’IFSI, Corinne Boulain, qui estime, confiante, qu’à l’avenir des cours communs verront le jour.

En attendant, c’est donc bien sur la location de locaux dans le futur IFSI que le Conseil d’Etat genevois doit se prononcer. La réponse au courrier qu’il a reçu de la part de la Région Auvergne Rhône-Alpes devrait arriver d’ici fin mai. M.P.

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