L’Etat envisage de prolonger la fermeture de petites douanes

Trafic pendulaire Le test consiste à rouvrir Soral II, Sézegnin, Chancy II et Certoux à 8 h 30 au lieu de 6 h. Les Français s’insurgent.

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Les pendulaires passant par Soral et Sézegnin pourraient être surpris dans les mois à venir. Le Canton, par la voix du conseiller d’Etat chargé de la Mobilité, Luc Barthassat, a annoncé jeudi à un parterre d’élus français son intention de procéder à un «test de régulation du trafic aux petites douanes». Concrètement, il s’agirait de prolonger les horaires de fermeture actuels des douanes de quatre villages frontaliers jusqu’à 8 h 30, contre 6 h aujourd’hui.

Selon Luc Barthassat, «les communes n’en peuvent plus. Il y a notamment des soucis de sécurité pour les enfants qui se rendent à l’école.» Fer de lance du projet, Raul Florez, maire de Soral, ajoute: «Nous voulons savoir comment se comporteraient les automobilistes s’ils ne pouvaient plus passer par là. Il s’agit d’un essai.» «Grâce à cette donnée, nous pourrons prendre les mesures adéquates», renchérit Yves-Marie Trono, magistrat à Perly-Certoux.

Un test qui, selon les élus français, va créer «le chaos dans toute la région». Antoine Vielliard, maire de Saint-Julien, rappelle qu’«avec 56 000 véhicules par jour, Bardonnex est déjà saturé». Il ajoute: «Nous pensons aussi qu’il y a trop de trafic mais si on ne veut pas que les gens passent par les petites douanes, il faut leur offrir des alternatives.»

Les élus français déplorent unanimement tant le fond que la méthode. Présente jeudi au nom du Département de la Haute-Savoie, Virginie Duby-Muller estime que «cette décision est prise de façon unilatérale et sans étude d’impact» et dénonce «un double discours: d’un côté, Genève clame que les frontaliers sont importants pour son économie et, en même temps, l’Etat entrave leurs déplacements.» Même son de cloche du côté de Pierre-Jean Crastes, vice-président de l’ARC, qui réunit les collectivités françaises entourant Genève. Face à «cette mesure contre-productive», il appelle les employeurs genevois à se mobiliser. «Si les 8000 véhicules (ndlr: selon une estimation du Conseil d’Etat) viennent s’ajouter au trafic passant par Bardonnex, cela va augmenter leur trajet de 20 minutes et aggraver les conditions de circulation de tout le monde.» Présent lui aussi jeudi, Frédéric Mugnier, maire de Valleiry, précise que «la stratégie du Conseil d’Etat consiste à saturer davantage Bardonnex afin d’inciter Berne à libérer des crédits.»

Luc Barthassat ne s’en cache pas: «Ce test permettrait de faire un appel à la Confédération pour aménager la douane de Bardonnex et au Grand Conseil pour qu’il prenne ses responsabilités sur les routes de contournement.» Rejetant l’accusation concernant l’absence de concertation transfrontalière, il rappelle qu’«un groupe de travail a été créé». Ce à quoi les Français répondent que «le projet était ficelé et devait débuter en janvier 2017. Le Conseil d’Etat a simplement rétropédalé quand il a vu notre réaction.» La passe d’armes ne s’arrête pas là. «Certains élus Français crient au scandale mais ils doivent aussi participer au financement des lignes de bus et pas toujours attendre sur les Suisses. Ils ne peuvent pas se plaindre et ne rien faire», rétorque Luc Barthassat.

Pierre-Jean Crastes préfère, lui, rappeler que «des stratégies de régulation et d’investissement existent, tels que la création de lignes transfrontalières avec P+R ou de routes de contournement. Deux tiers de l’imposition des frontaliers restent à Genève, s’ils ne servent pas à cela, à quoi servent-ils?»

Quand on lui reproche de flirter avec les thèses du MCG, Luc Barthassat répond: «J’agis avant que les populistes en tout genre s’emparent d’un sujet qui n’est certes pas facile à gérer. Je préfère le traiter avec ma vision du Grand Genève, ouverte et franche.» Le maire de Valleiry, lui, conclut: «Cela va juste créer de l’animosité entre la France et la Suisse.»

(TDG)

Créé: 19.09.2016, 22h30

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