Un drame haut-savoyard mobilise contre la chasse

PolémiqueSuite à un accident mortel au Semnoz, des voix s’élèvent en France en faveur de l’interdiction de chasser le dimanche.

Une centaine de personnes s'était rassemblée devant la préfecture de Haute-Savoie, à Annecy, pour afficher leur soutien à la mémoire de Gaël, ce randonneur tué dans un accident de chasse le 5 décembre.

Une centaine de personnes s'était rassemblée devant la préfecture de Haute-Savoie, à Annecy, pour afficher leur soutien à la mémoire de Gaël, ce randonneur tué dans un accident de chasse le 5 décembre. Image: Lucien Fortunati

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Ce jour-là mon mari n’a pas été victime d’un accident, il a été tué. Ce jour-là, ce sont des assassins que nous avons croisés, la chasse n’est pas un jeu. Mon mari mesurait 1,82, pesait 83 kg, il n’avait rien d’un sanglier. Il était beau, il avait deux petites filles, nous étions heureux…» C’est par ce message poignant posté sur les réseaux sociaux que Mélanie a exprimé sa peine et son incompréhension face au drame survenu le 5 décembre, à Quintal (Haute-Savoie), dans le Semnoz, massif surplombant Annecy. De quoi inquiéter les randonneurs, notamment genevois, nombreux à arpenter les sentiers de France voisine.

Ce samedi matin-là, Mélanie et son mari Gaël, âgé de 43 ans, randonnent au Semnoz. Il est environ 10 h 30 lorsqu’un coup de feu retentit. Atteint d’une balle à la tête, le quadragénaire s’effondre. Malgré les efforts des secours, il ne se relèvera pas. Selon les premiers éléments de l’enquête, un chasseur d’une vingtaine d’années serait l’auteur du tir mortel.

Dans un communiqué, la Fédération des chasseurs de Haute-Savoie a «exprimé toute sa compassion et son soutien» à la famille du défunt. Elle rappelle que «la sécurité est depuis longtemps sa priorité» et qu’ont été mis en place «une réglementation rigoureuse, une formation théorique et pratique des chasseurs».

Forcément insuffisant aux yeux des proches de la victime. Le drame a logiquement suscité de vives réactions dans les milieux sportifs et plus largement dans l’opinion publique française. Samedi 26 décembre, ils étaient une centaine devant la préfecture de Haute-Savoie, à Annecy, pour rendre hommage au joggeur.

Parmi eux, Georges Depetri, membre du Club alpin français d’Annecy souligne: «Il est mortel de se promener dans le Semnoz. On ne peut plus le fréquenter. Il faut que cela change. Il faudra qu’un jour le week-end soit réservé aux promeneurs et aux sportifs. Que ce ne soit plus quelques chasseurs finalement très peu nombreux qui accaparent la nature sous des prétextes qui ne sont plus de notre siècle.»

Un avis que partage l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS). Cette dernière poursuit la récolte de signatures pour une pétition visant à interdire la chasse le dimanche en France. «Les chasseurs représentent moins de 2% de la population (lire ci-dessous), mais ils s’approprient la nature tous les jours de la semaine pendant neuf mois de l’année, au détriment des 98% restants», précise le texte. L’association assure que plus de 300 000 citoyens ont déjà apporté leur soutien à cette démarche, qui a connu un nouvel élan suite au drame de Quintal.

Créé il y a un an, le collectif «Pour le dimanche sans chasse» a lui aussi connu un regain d’activités en cette fin d’année. Selon son président, Etienne Spataro, ce sont désormais 610 organismes (associations, clubs, etc.) qui sont adhérents. «A Genève la chasse est interdite depuis 1974, rappelle-t-il. Nous ne nous prononçons pas contre le principe de la chasse mais demandons seulement un jour sans chasse. Et ce, pour un partage équitable de la nature.»

(TDG)

Créé: 29.12.2015, 20h14

Dossiers

Suite à un accident mortel au Semnoz, des voix s’élèvent en France en faveur de l’interdiction de chasser le dimanche. (Video: Lucien Fortunati)

Peu de morts en Suisse

Avec 150 accidents de chasse par an, dont une vingtaine de mortels, la France détient le triste record européen. Selon le collectif pour le dimanche sans chasse, le dimanche compte huit fois plus d’accident que les autres jours. 15% des accidents concernent des non-chasseurs. Enfin, la Fédération nationale des chasseurs signale qu’«avec 1?200?000 pratiquants, la chasse est le troisième loisir préféré des Français».
En Suisse, la législation en la matière diffère d’un canton à l’autre. Selon Charles-Louis Rochat, président de Diana Suisse, ils sont 6000 chasseurs en Romandie. «Dans le canton de Vaud, la formation dure deux ans avec un examen final de tir qui est éliminatoire. Il est renouvelé tous les 5?ans.» Côté statistique, les polices vaudoise et valaisanne ne signalent aucun accident mortel en 2015. Le bureau de prévention des accidents dénombre 49 décès liés à la pratique de la chasse entre 2000 et 2014. «Ce chiffre ne précise pas s’ils sont dus à des tirs ou à d’autres causes tels que la chute d’un chasseur en montagne», nuance Charles-Louis Rochat. M.P.





























































Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Un arbre s'abat au cimetière des Rois
Plus...