Tiré comme un lapin, le chat Caramel est un miraculé

NyonQui a fait un carton sur le jeune matou, découvert devant la porte de ses propriétaires dans un quartier résidentiel de Nyon, le corps traversé par une balle? Une plainte pénale sera déposée.

Très attachée à son chat, Katarzyna Sikora a tout fait pour sauver Caramel, qui a survécu à un tir sauvage.

Très attachée à son chat, Katarzyna Sikora a tout fait pour sauver Caramel, qui a survécu à un tir sauvage. Image: Vanessa Cardoso

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Quelle surprise pour la vétérinaire Isabelle Vanat, à Nyon, lorsqu’elle a découvert grâce une radiographie, que le chat qu’on lui avait amené en urgence avait une balle dans le corps! Caramel, jeune matou de deux ans et demi, a été tiré comme un lapin. La cartouche, entrée vers la queue, a traversé tout son corps pour aller se ficher dans le foie. Opéré au Tierspital de Berne, il a miraculeusement survécu, mais sa propriétaire, Katarzyna Sikora, a tremblé pendant quinze jours pour sa survie.

Cette Nyonnaise d’origine polonaise habite depuis plus de dix ans avec son mari et sa fille de 13 ans, dans le quartier résidentiel tranquille de la Croisette, entre le cimetière de Clémenty et la campagne du Boiron. Le jardin de leur maison, accrochée à une pente, donne sur le cordon boisé de la rivière. Dans la nuit de dimanche à lundi 20 novembre, cette mère de famille, n’arrivant pas à dormir, sort dans le jardin pour prendre l’air. «J’ai alors entendu un bruit, comme un cri ou un ronflement de hérisson. Et j’ai vu Caramel, devant la porte, qui se traînait vers la maison. Il était blessé, gelé et lâchait du pipi. J’ai pensé qu’il avait été attaqué par un renard», explique sa propriétaire, qui l’a aussitôt enveloppé dans une couverture pour le veiller le reste de la nuit.

«Quand j’ai vu cette balle, je n’en croyais pas mes yeux»

Le lundi matin, elle se rend immédiatement chez la vétérinaire, qui prend en charge le petit rouquin. L’animal se trouve en état de choc, en hypothermie et souffre apparemment à l’abdomen. La doctoresse met le chat sous perfusion, découvre une blessure à côté de la queue et pense elle aussi à l’attaque d’un animal. Mais la radiographie donne un résultat surprenant. «Quand j’ai vu cette balle, je n’en croyais pas mes yeux. Il arrive parfois de découvrir de la grenaille sous la peau d’un chat, ce qui n’a pas de grandes conséquences. Mais là, quand on voit ce projectile qui a traversé tout le corps, on se demande par quel miracle ce chat est encore vivant», s’exclame Isabelle Vanat, qui n’avait rien vu de tel en 23 ans de carrière.

Aussitôt, la propriétaire de Caramel, médusée et inquiète qu’on ait peut-être tiré son chat près de chez elle, appelle la police. Des agents de Police Nyon Région viennent aussitôt au cabinet pour voir l’animal, dont on avait rasé les poils pour dégager la blessure et surtout pour les radiographies. Le lendemain, le matou est transféré au Tierspital de Berne. «Le mercredi, ils m’ont appelé pour savoir si on pouvait fournir du sang d’un chat parent. Alors ma fille, plus efficace que moi, qui pleurait tous les jours, a fait un mail à la dame qui nous avait donné Caramel et qui est propriétaire de ses parents. Elle a tout de suite répondu positivement, comme une autre personne grâce à Facebook. Mais finalement, les chirurgiens n’en ont pas eu besoin», raconte, encore tout émotionnée la mère de famille.

Tireur inconnu

Souffrant de lésions sévères, son chat a vécu des hauts et des bas. «Vendredi dernier, il semblait tiré d’affaire et marchait déjà», se réjouit Katarzyna Sikora, qui espère le ramener à la maison mardi. La police a récupéré la balle transmise par la clinique universitaire bernoise, mais se refuse à tout commentaire. Car si le cas a été signalé à la police cantonale, cette dernière n’a pas encore été saisie officiellement d’une plainte pénale, la propriétaire du chat attendant le rapport médical pour ce faire. «L’enquête devra alors déterminer quel type d’arme a été utilisé et dans quelles circonstances», relève sa porte-parole, Florence Maillard. Sur la base des photos que nous leur avons soumises, deux experts estiment que la balle pourrait provenir d’une carabine 22 long rifle, une arme facile à se procurer, utilisée surtout pour le petit gibier et peu détonante.

Dans le quartier de la Croisette, d’ailleurs, personne n’a entendu de coup de feu cette nuit-là. Mais la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre. Parce qu’il est inquiétant de savoir que quelqu’un a pu tirer sur un animal domestique à proximité des maisons, de la place de jeux des enfants qui surplombe la rivière ou du sentier qui la longe. Car de nombreux promeneurs l’empruntent. Il est peu probable qu’il s’agisse de la balle perdue d’un chasseur, dans cette zone boisée du Boiron qui est un parc communal. L’animal a peut-être été touché dans un périmètre bien plus éloigné, au gré de ses pérégrinations diurnes ou nocturnes, par un privé irascible ou un chasseur maladroit. Car un chat peut parfois se montrer très résistant et parcourir une grande distance, même blessé, pour revenir chez lui. Heureusement, ces cas sont très rares. S’il y a dix ans, l’affaire Whispers, à La Tour-de-Peilz, avait fait grand bruit, c’est que le pauvre félin avait été grièvement blessé à la mâchoire, devant témoin, par un auxiliaire du garde-faune à la gâchette un peu trop facile. Ce dernier avait été condamné à rembourser les frais d’hospitalisation du chat. Dans le cas de Caramel, le tireur n’étant ni vu ni connu, l’enquête s’annonce plus complexe. (TDG)

Créé: 04.12.2017, 08h22

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