Son geste meurtrier l'obligera à se soigner

ProcèsRedoutant la récidive, les juges de La Côte infligent huit ans de prison et un traitement en milieu fermé à l’auteur de coups de couteaux.

Tenant compte d'un risque de récidive avéré, les juges du Tribunal criminel de la Côte ont préconisé un traitement institutionnel.

Tenant compte d'un risque de récidive avéré, les juges du Tribunal criminel de la Côte ont préconisé un traitement institutionnel. Image: Christian Brun/A.

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Le Tribunal criminel de La Côte en est convaincu: ce soir de mars 2018, Hervé* avait bien l’intention de tuer quand il a «minutieusement préparé son agression» contre Mélanie*, une amie et confidente dont il n’avait pas supporté le refus d’aller plus loin. Les juges ont estimé jeudi que ce Suisse de pas encore 30 ans aurait mérité 14 ans de prison pour tentative de meurtre, relevant que les dizaines de coups de couteau assénés au visage, au cou, à la nuque et aux mains de sa victime, doublés de coups de pied à la tête alors qu’elle était au sol, le portaient à la frontière de la «tentative d’assassinat», forme d’homicide la plus grave.

Toutefois, la schizophrénie hébéphrénique dont souffre ce jeune homme, diagnostiquée en cours d’enquête, diminue sa responsabilité pénale. La Cour a donc réduit cette peine à 8 ans ferme et l’a doublée d’une mesure de traitement institutionnel.

Cette exigence de soin en milieu fermé n’avait pourtant pas été préconisée par l’expert-psychiatre. Ce dernier estimait un traitement ambulatoire suffisant. Mais les juges ont préféré garantir la sécurité publique, suivant la requête de la procureure, Marlène Collaud. «Le prévenu a déjà mal réagi lors d’une rupture avec sa première petite amie, a rappelé le président de la Cour, Daniel Stoll. Puis il a eu des agissements très violents envers la plaignante, alors qu’il n’était même pas engagé dans une relation sentimentale réciproque. Il faut éviter la récidive à chaque amour déçu de Monsieur.»

Cette décision ouvre la porte à un possible appel, selon le défenseur du condamné, Basile Casoni, qui n’a toutefois pas encore décidé des suites qu’il donnera à ce jugement. La représentante du Ministère public, qui avait requis 9 ans, estime la sentence adéquate: «La mesure de traitement institutionnelle était importante car elle garantit que le condamné ne pourra pas réintégrer la société tant que les experts considéreront qu’il y a risque de récidive. À ce stade, il a clairement été dit que ce risque ne pouvait être aboli.»

Avocate de la victime, absente aux débats en raison d’un traumatisme encore vivace, Sylvie Saint-Marc commente: «Je pense que ma cliente sera satisfaite, même si cela ne lui rendra ni son visage ni sa joie de vivre.»

* Prénoms d’emprunt

Créé: 14.02.2020, 10h50

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