L'écoquartier de Gland lutte contre les abus des voitures

La CôteDes habitants se plaignent du trafic dans l’écoquartier. La commune a réagi et le constructeur propose un nouveau système de contrôle.

L’écoquartier modèle de Losinger Marazzi n’est pas habité que par des écocitoyens modèles.

L’écoquartier modèle de Losinger Marazzi n’est pas habité que par des écocitoyens modèles. Image: Philippe Maeder

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«C’est une première en Suisse romande. Eikenøtt est un quartier sans voitures… Les rues sont paisibles et sont même appelées rues à jouer.» Voici quelle image idyllique Losinger Marazzi, constructeur de cet écoquartier de 500 logements à Gland, donne de son concept sur son site Internet.

En réalité, les automobilistes ont «exceptionnellement» le droit d’utiliser les déposes minute à disposition devant chaque immeuble. Résultat, il y a des abus et des habitants s’en plaignent vivement depuis des mois. La Commune a réagi en envoyant cette semaine un courrier aux propriétaires pour leur rappeler que le règlement du plan partiel d’affectation interdit la circulation dans ce quartier, et le constructeur a décidé de prendre de nouvelles mesures qui seront proposées au vote des propriétaires lors de leur assemblée générale le 17 mai.

Triches et abus

L’un d’eux, Daniel Zieri, a déjà fait beaucoup de bruit dans les médias: «Quand les bornes sont levées, entre 12 h et 18 h, il y a des tricheurs qui utilisent le bouton d’urgence ou qui placent une canette en métal devant la boucle magnétique pour entrer. Le reste du temps, il y a tous ceux qui profitent du manque de rigueur de Losinger pour circuler. Les voitures slaloment entre les enfants. Je suis très fâché, car on nous promet des mesures depuis trop longtemps. Plus on attend, plus les gens se comportent mal.»

Le constructeur ne nie pas le problème. «Il y a un certain nombre d’habitants qui ne respectent pas les règles, reconnaît Thierry Denuault, directeur Suisse romande chez Losinger Marazzi. En fait, on n’a pas tous la même interprétation du mot «exception». En plus d’autoriser l’accès aux secours, à la voirie ou aux handicapés, nous voulions avoir une certaine tolérance pour le dépôt d’un meuble lourd, pour aller chercher la grand-mère qui a de la peine à marcher ou pour remplir la voiture une fois par année quand on part en vacances. Pas pour déposer ses commissions ou mettre les skis sur le toit de la voiture chaque week-end.»

Mieux contrôler les accès

S’étant rendu compte que son écoquartier modèle n’était pas habité que par des écocitoyens modèles, le constructeur a déjà introduit quelques mesures. Afin de limiter le stationnement signalé interdit, toute la zone a été mise à ban, et une société privée de surveillance a été engagée pour dénoncer les contrevenants. La police a reçu de nombreuses dénonciations. Puis il a été décidé que les bornes escamotables seraient levées entre 12 h et 18 h.

Comme ces mesures ne suffisent pas, Losinger Marazzi va proposer aux propriétaires d’installer un nouveau système de contrôle. «Nous envisageons de mettre des barrières et de fournir des badges à tous les habitants. A la fin de chaque mois, nous pourrions alors identifier ceux qui passent trop souvent et les menacer de leur interdire l’accès», explique Thierry Denuault.

Liste des exceptions

La solution ne plaît pas du tout à Daniel Zieri. «Pourquoi dépenser encore de l’argent alors qu’il y a déjà des bornes? Elles devraient être tout le temps levées. Le plus simple serait d’avoir une surveillance à distance des accès pour les cas exceptionnels. Mais le mieux serait encore que l’allée du Communet soit rendue à la Ville.»

Michael Rohrer, municipal responsable de la Sécurité publique et de la Population, confirme que la reprise de cette rue par la Commune est prévue. «Mais cela ne changera pas grand-chose au problème. Pour appliquer le règlement du PPA, qui parle aussi d’exception, il faut d’abord s’entendre sur ce que l’on considère comme une exception. Il faudra probablement en dresser la liste. Ensuite, il n’est pas sûr que ce problème soit une priorité pour la police.» (TDG)

Créé: 13.05.2015, 12h54

Quelle qualité de vie?

Se focaliser uniquement sur les problèmes de voitures dans l’écoquartier Eikenøtt serait renvoyer une fausse image de la qualité de vie qui y règne depuis deux ans. Les habitants que nous avons croisés s’y sentent généralement bien. Les différents services proposés sont appréciés et les jardins potagers sont cultivés avec enthousiasme. Avec la mise en œuvre d’activités communautaires, la création d’une association et la publication d’un petit journal, une vraie vie de quartier se met en place. Mais il y a aussi des défauts de jeunesse à corriger. C’est pour mieux évaluer le degré de bien-être des 1200 habitants que le constructeur Losinger Marazzi a décidé de lancer une enquête de satisfaction qui devrait être envoyée aux intéressés cet été. Elle se déclinera en trois volets: la conception du quartier, les relations sociales et les questions énergétiques. De quoi alimenter une riche analyse sociologique de cette première expérience du genre en Suisse romande.

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