Il dévoile «Le fjord du Léman»

Rencontre avec Philippe Boucher Rencontre avec le réalisateur Philippe Boucher dont le nouveau documentaire allie rencontres avec des gens passionnants et magnifiques paysages.

Le petit port du domaine de Rovorée, à Yvoire, est l’un des lieux de prédilection du réalisateur Philippe Boucher.

Le petit port du domaine de Rovorée, à Yvoire, est l’un des lieux de prédilection du réalisateur Philippe Boucher. Image: Lucien Fortunati

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Demander à Philippe Boucher d’évoquer son parcours, c’est voir débarquer une galerie de personnages plus passionnants et attachants les uns que les autres. Ceux qu’il a croisés tout au long de sa (déjà longue) carrière de journaliste et réalisateur. Qu’il s’agisse de l’aquarelliste chablaisien Bruno Galvin, l’un des protagonistes de son dernier film, Le fjord du Léman, diffusé prochainement sur la RTS, ou du spéléologue Roland, qui «ne sourit que quand il est sous terre». En passant par le quatuor de mamies norvégiennes dont son premier long-métrage (en 1998) raconte le combat en vue d’obtenir une route pour leur village.

C’est avec tendresse et une incommensurable soif de connaissances que Philippe Boucher suit ces personnages hors du commun. Aller à la rencontre des gens, dans des décors de rêve, tel est son leitmotiv. Surtout dans sa série de documentaires intitulée Planet Mosaic. «J’ai ça dans le sang», lâche le réalisateur de 49 ans. Enfant déjà, il sait qu’il veut devenir reporter. A 13 ans, habitant à Oyonnax (Ain), il crée son propre mensuel, le Mini, qu’il livre à ses 32 abonnés. L’année suivante, malgré son jeune âge, il est recruté par Le Dauphiné Libéré. «J’avais les boules car ma carte était au nom de mon père…»

Seul derrière la caméra

Ses parents, tous deux médecins, donnent au jeune Philippe le goût de l’aventure. «Ados, ils nous avaient offert à ma sœur et moi un tour du monde.» Une tradition qu’il perpétuera en 2013 avec ses trois enfants. Il n’a que 18 ans lorsqu’il s’envole en solitaire. Direction l’Amazonie. Il revient avec une interview d’un ex-membre du Sentier lumineux, le groupe terroriste maoïste péruvien, ainsi qu’un reportage sur les Asháninka.

Depuis ces débuts prometteurs, Philippe Boucher a parcouru plus de 50 pays en trente ans. Le plus souvent seul. «Cela permet à la personne filmée d’oublier la caméra. Je déteste les mises en scène. Pour que les gens soient naturels, il n’y a qu’une prise, A moi de ne pas louper le moment.» Telle la séquence où Lalie Chochon découvre la preuve du retour du lynx en vallée d’Abondance, immortalisé par un appareil photo. «C’est mon passage préféré du film», sourit Philippe Boucher. Il aura fallu deux ans de tournage et de montage pour réaliser Le fjord du Léman. «Cela me tenait à cœur car c’est ma région et j’adore admirer cette vue quand je décolle depuis Genève. Le lac, entre Alpes et Jura… Cela me fait penser aux paysages norvégiens.»

Papa poule versus aventurier

Les pays nordiques, le quadragénaire les connaît bien pour y avoir tourné mais aussi en tant qu’organisateur du rallye photo Paris - cap Nord, un concours de photo amateur. C’est aussi dans cette partie du globe qu’il a échappé de justesse à la mort. «En 1993, je suivais le plus jeune participant de l’expédition suisse Longines en Sibérie.» Le 13 mai, deux hélicoptères décollent. L’un d’eux s’écrase. «J’étais dedans. Heureusement pour nous, l’engin n’a pas pris feu.» Bilan: huit morts et treize survivants, dont Philippe Boucher. «Peut-être que cela m’a encore plus poussé à vivre mes passions», commente-t-il simplement.

Philippe Boucher passe certes du temps sur les routes, en avion ou en bateau à suivre ses personnages, mais il revendique aussi un côté papa poule prononcé. «J’habite au 4 bis et mon bureau est au 4 ter. Je travaille en général sur mes projets de 4 h à 6 h 30 puis je rentre préparer le petit-déjeuner et emmener mes enfants à l’école.» Tenant mordicus à son statut d’indépendant, il passe de longues heures à monter des dossiers, solliciter des sponsors… Mais aussi à chercher les perles rares qui joueront les premiers rôles dans ses documentaires. «Je veux suivre des gens qui font du comptage de grands tétras, en se basant sur leur chant.» De quoi alimenter un Fjord du Léman 2.

(TDG)

Créé: 28.09.2016, 09h57

Bio express

1967 Naît à Saint-Julien-en-Genevois.

1981 Pigiste à 14?ans au Dauphiné Libéré.

1985 Il part un mois en Amazonie «pour apprendre à se débrouiller seul».

1986 Il lance le premier raid photo Paris - cap Nord. La 1re?édition a lieu en 1988.

1993 Alors qu’il couvre une expédition en Sibérie, il survit au crash de son hélico.

1994 Mariage avec Valérie.

1995 Il devient chef opérateur Steadicam.

1998 Naissance des jumeaux Johan et Emilie. Et 1er long film: La route des fjords.

2001 Naissance de sa fille Coraline.

2003 Début de la série Planet Mosaic.

2016 Sortie du Fjord du Léman.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.