Yvelyne Wood, l’artiste engagée pour les réfugiés

Genève internationaleLa plasticienne a crée une université pilote qui ouvre l’accès à des formations de second cycle aux victimes des conflits.

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Jusqu’à ces dernières années, la Franco-Suisse Yvelyne Wood s’est illustrée par son travail d’artiste plasticienne. Son sujet de prédilection: les femmes dans la guerre. Son travail est profondément enraciné dans l’histoire des guerres du XXe et XXIe siècle. Le sujet la tourmente et alimente son œuvre.

«Mon histoire familiale est très marquée par la guerre, par les violences faites aux femmes et aux populations civiles», explique-t-elle. Elle n’en dit pas plus. Ses créations ne laissent personne indifférent. Elles accompagnent et nourrissent la réflexion autour de la mémoire et de la nécessaire prise de conscience des drames qui démolissent les vies d’innocents. L’ONU a hébergé plusieurs de ses expositions. Ce besoin de témoigner à travers l’art l’a conduit à rencontrer les victimes des atrocités qu’elle s’emploie à dénoncer. Pour cette femme d’engagement, la satisfaction d’être une artiste reconnue a vite été obscurcie par le sentiment étreignant de n’être au final qu’une spectatrice des drames qui se jouent un peu partout dans le monde.

Depuis son enfance, Yvelyne Wood baigne dans un environnement qui est celui de l’enseignement. Depuis longtemps, sa conviction est faite. Pour nourrir l’esprit de résilience des victimes de confits, il faut plus que de la nourriture et des couvertures. Il faut porter le savoir là où le chaos de la guerre n’a porté que souffrances et malheurs. Cette idée-là fait son chemin et en 2013, Yvelyne Wood finit par créer une université dans un camp de réfugiés burundais (UniRef). Une première dans le monde. Jusque-là, les organisations existantes s’étaient surtout concentrées sur l’enseignement primaire.

L’artiste voit plus loin. Pour reconstruire les pays frappés par les guerres, il faut des jeunes diplômés, des femmes et des hommes ouverts à la connaissance, ouverts au monde. Et tandis que le débat sur les réfugiés commence à alimenter la polémique en Europe, elle défend l’idée que le meilleur moyen d’éviter un exode mortel et sans espoir vers l’Europe est de donner aux populations les moyens de prendre leur avenir en main. «Ce que nous souhaitons, c’est leur donner une formation adaptée au contexte des Grands Lacs et leur permettre de quitter le camp avec leur famille et de reprendre le cours de la vie au quotidien, de ne plus être sous aide internationale mais de redevenir des personnes indépendantes», explique Yvelyne Wood.

A cause des troubles politiques qui ont accompagné l’élection présidentielle au Burundi, la première rentrée de cette université pilote a dû être reportée au début de l’année 2016. Mais cette fois les choses sont bien lancées. Partie à l’assaut de partenaires et de sponsors avec un dossier bien ficelé, la plasticienne s’est rallié des soutiens décisifs. Séduit par le projet, le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR), a signé une convention avec la toute jeune ONG Swiss International Humanitarian Organization (SIHO), qui porte le projet UniRef et qui jouit du statut d’association d’intérêt public.

Pour garantir le sérieux des formations dispensées, SIHO s’appuie sur l’expertise et les supports pédagogiques du Centre d’enseignement à distance (CNED) et des professeurs recrutés localement. Pour l’heure, Yvelyne Wood restreint l’expérience au camp de Mussa qui offre un environnement stable. A cause de contingences financières évidemment mais aussi pour se donner le temps d’éprouver le modèle de transmission des connaissances imaginé par son ONG. L’université démarre avec cent étudiants, et cent de plus les années suivantes. Coût estimé pour cette première année: 532 000 francs que SIHO finance grâce à ses partenaires et ses mécènes.

(TDG)

Créé: 20.04.2016, 12h33

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