Quatre ONG privées de financements suisses

Genève internationaleLa DDC a supprimé la ligne de crédit allouée à plusieurs organisations très actives au sein de la Genève internationale.

Pour les ONG, «cette décision va entraver la capacité que nous avons à aider les organisations qui représentent les pays du Sud à porter leur voix jusqu’à Genève».

Pour les ONG, «cette décision va entraver la capacité que nous avons à aider les organisations qui représentent les pays du Sud à porter leur voix jusqu’à Genève». Image: AP

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La DDC a supprimé la ligne de crédit allouée à plusieurs organisations très actives au Quatre ONG suisses très actives dans le soutien aux délégués des pays en développement qui participent aux différentes conférences organisées à Genève sous l’égide de l’ONU font les frais de coupes budgétaires. La Commission internationale de juristes (CIJ), le Centre de documentation, de recherche et d’information des peuples autochtones (doCip), Incomindios et le Centre Europe-Tiers Monde (CETIM), qui percevaient jusque-là une aide substantielle de la Direction du développement et de la coopération (DDC), près d’un million de francs par an, se trouvent privés de cette manne indispensable à leur fonctionnement. Un vrai coup dur pour les responsables de ces ONG très actives au sein de la Genève internationale. «C’est en totale contradiction avec le discours officiel des autorités suisses sur la place qu’elles souhaitent donner à la société civile dans les discussions qui ont lieu à l’ONU», déplore Melik Ozden, directeur du CETIM et responsable du Programme droits humains. Même étonnement et même colère du côté des trois autres ONG.

«Ce n’est pas une réaction corporatiste», insiste Melik Ozden. Et d’expliquer: «Si nous protestons, c’est que cette décision va entraver la capacité que nous avons à aider les organisations qui représentent les pays du Sud à porter leur voix jusqu’à Genève.» La décision de la DDC serait d’autant plus dommageable que les quatre ONG concernées étaient particulièrement actives dans la défense des droits de l’homme. Incomindios et le doCip ont beaucoup œuvré pour la reconnaissance des droits des peuples autochtones. Le CETIM a notamment aidé les petits exploitants d’Amérique du Sud à défendre leurs terres et leurs droits face aux multinationales de l’agroalimentaire. Le soutien apporté par les quatre ONG est très concret puisqu’il va de l’assistance juridique au soutien logistique et médiatique.

En juin dernier, la CIJ, le doCip, Incomindios et le CETIM ont adressé un courrier au chef du DFAE, Didier Burkhalter, pour lui rappeler qu’elles aidaient notamment les victimes de violations des droits humains à avoir accès aux mécanismes onusiens de protections basés à Genève. Une action en totale complémentarité avec les engagements de la Suisse en tant qu’Etat hôte de renforcer la place de la société civile au sein des organes de la gouvernance mondiale. Mais la réponse n’a pas été à la hauteur des attentes. La DCC ayant totalement réorganisé les modalités de ses partenariats, la ligne budgétaire dans laquelle étaient puisés les fonds alloués aux quatre ONG n’existe plus.

Les crédits sont désormais attribués dans le cadre de programmes stratégiques préalablement définis. Des programmes qui n’ont pas inclus la CIJ, le doCip, Incomindios et le CETIM. Le Ministère des affaires étrangères (DFAE) affirme qu’il avait informé dès la fin de 2013 les quatre ONG concernées et qu’elles ont même reçu de l’argent pour se préparer à la fin de la contribution de financement de base versée par la DDC. Une explication que rejettent les quatre ONG qui évoquent des engagements non tenus et une bureaucratie peu encline à les écouter. L’affaire devrait très vite rebondir sur le terrain politique. A.J.

(TDG)

Créé: 04.10.2015, 21h36

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