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«Ce prix Nobel récompense des années de travail»

Le prix Nobel de la paix récompense la Campagne internationale pour l'abolition des armes nucléaires (ICAN), basée à Genève. La réaction d'Annette Willi, présidente d'ICAN Suisse.

«C'est une excellente nouvelle, nous sommes ravis, même si cela a aussi été une grande surprise!» Une heure après avoir appris que l'ICAN a reçu le prix Nobel de la paix, Annette Willi, la présidente de l'organisation en Suisse, est aux anges. «Cela représente la reconnaissance internationale d'années de travail. C'est d'autant plus fantastique que cela va nous donner un élan supplémentaire pour convaincre les nombreux Etats qui ne l'ont pas encore fait de signer et ratifier le traité international d'abolition de l'arme nucléaire.»

En juillet dernier, l'ICAN, qui regroupe une coalition d'ONG dans plus de cent pays, avait réussi à convaincre 122 gouvernements de s'engager à poursuivre des négociations dans le but de parvenir à l'interdiction de la possession et de l'utilisation de l'arme nucléaire. Un fait sans précédent. Et aujourd'hui, 151 Etats se disent favorables à cette interdiction. Mais pour Annette Willi, beaucoup de travail reste à accomplir, de nombreux pays n'ayant pas fait le pas de la signature et de la ratification. Or il faut franchir la barre de 50 Etats ayant ratifié le traité pour qu'il entre en vigueur. «Même le Conseil fédéral hésite. Il s'est positionné favorablement sur le texte, mais il n'est pas encore très chaud pour le signer. Il est clair qu'avec la récompense obtenue, nous espérons avoir des moyens de pression supplémentaires pour faire avancer cette cause», souligne la présidente d'ICAN Suisse. La route semble longue par ailleurs. Neuf puissances nucléaires, dont les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni et la France, se refusent à toute entrée en matière sur le sujet.

L'ICAN vise l'abolition de l'arme nucléaire avec «l'ambition de déconstruire le principe de dissuasion nucléaire, pour catégoriser l'arme atomique au rang d'arme de destruction massive», explique encore à Genève Annette Willi. Or avec les tensions actuelles entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, et la menace de voir Donald Trump annuler l'accord nucléaire avec l'Iran, le vent est favorable pour faire avancer ce renversement de perspective, estime-t-elle.

A Oslo, c'est bien ce contexte international qui semble avoir décidé le jury à décerner le Nobel de la paix à l'organisation genevoise. «Nous vivons dans un monde où le risque que les armes nucléaires soient utilisées est plus élevé qu'il ne l'a été depuis longtemps», a déclaré la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen. «Certains pays modernisent leurs arsenaux nucléaires, et le danger que plus de pays se procurent des armes nucléaires est réel, comme le montre la Corée du Nord».

Le prix Nobel de la paix, doté de neuf millions de couronnes suédoises (plus d'un million de francs), sera remis à l'ICAN à Oslo, le 10 décembre.

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