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L’ONU taille dans ses budgets, Genève s’en sort mieux que prévu

Le plan d’économie imposé par les États-Unis n’aura qu’un impact minime sur l’emploi en 2018.

Pour la première fois, l’organisation créée le 24 octobre 1945 va devoir réduire la voilure.
Pour la première fois, l’organisation créée le 24 octobre 1945 va devoir réduire la voilure.
LUCIEN FORTUNATI

L’ONU s’est mise au régime. La veille de Noël, les États membres réunis à New York ont voté un budget de 5,39 milliards de dollars, en baisse de 5%. C’est 285 millions de dollars de moins que pour l’exercice 2016-2017. Du jamais vu! Pour la première fois, l’organisation créée le 24 octobre 1945 va devoir réduire la voilure. La décision de Donald Trump de revoir à la baisse la contribution des États-Unis explique en partie cette diète budgétaire. Mais le processus visant à rendre l’organisation plus efficiente et moins budgétivore a été engagé bien avant l’arrivée de la nouvelle administration américaine.

Ces dernières années, la préparation du budget a donné lieu à d’âpres discussions devant la Cinquième commission en charge des finances. Les États-Unis n’ont pas été les seuls à vouloir freiner des dépenses. Et si un consensus s’est dégagé pour nommer Antonio Guterres à la tête de l’organisation il y a un an, c’est que le Portugais avait fait forte impression en remettant de l’ordre dans la gestion du Haut-commissariat aux réfugiés. Comment? En délocalisant certaines activités et en taillant dans les effectifs. En octobre dernier, le successeur de Ban Ki-moon, mandaté pour mener de profondes réformes, avait présenté une proposition de budget en baisse de 4%. Les États membres sont donc allés encore plus loin. Le plan d’économie aura des conséquences sur les rémunérations des fonctionnaires internationaux et pour certains sur leurs contrats de travail. En juin dernier, une partie du personnel de l’ONU et de ses agences avait fait grève en signe de protestation.

À Genève, où l’on redoutait l’impact des coupes budgétaires annoncées sur l’emploi, c’est plutôt le soulagement qui l’emporte. Des arbitrages de dernière minute ont permis de limiter la casse. «On s’en sort mieux que prévu», confirme Ian Richard, l’un des représentants des employés de l’ONU et de ses agences. «Les États-Unis voulaient supprimer une centaine de postes à Genève, parmi lesquels de nombreux postes de traducteurs. L’impact aurait été considérable. Mais au final nous n’en perdrons qu’une vingtaine», explique ce dernier. La Suisse, qui a fait le forcing pour préserver les capacités de l’ONU à Genève, a reçu le soutien de plusieurs pays, dont celui de la Russie. Si le pire a été évité en ce qui concerne les postes de fonctionnaires, il reste aussi à évaluer l’impact des économies annoncées sur le fonctionnement de certaines agences ou certains organismes basés à Genève. D’autant que rien n’est acquis pour l’avenir, l’ONU ayant décidé de passer à une programmation budgétaire annuelle et non plus bi-annuelle.

Au cours des deux prochaines années, plusieurs des agences onusiennes basées à Genève ainsi que les services centraux pourraient être rattrapés par la patrouille pour ne pas avoir appliqué les corrections de rémunération imposées par le Système commun des Nations Unies. Des corrections fondées sur une réévaluation à la baisse des indemnités «coût de la vie». La Cinquième commission a menacé de ses foudres ceux qui ne respectaient pas ses préconisations et pressé le secrétaire général de mettre au pas les récalcitrants. On sait d’ores et déjà que cette consigne figurera sur la feuille de route qu’Antonio Guterres remettra aux chefs d’agences et directeurs qu’il doit rencontrer lors de son déplacement en Suisse courant janvier, à l’occasion de sa venue à Davos.

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