L'OMS s'attaque aux serpents venimeux

SantéL'Organisation mondiale de la Santé veut réduire de moitié la mortalité par venin d'ici 2030. Les serpents tuent plus que n'importe quelle maladie tropicale.

Une vipère ammodyte, appelée aussi vipère cornue. Son venin est très dangereux pour l'être humain.

Une vipère ammodyte, appelée aussi vipère cornue. Son venin est très dangereux pour l'être humain. Image: SÉBASTIEN FÉVAL

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Chaque année, on estime que 5,4 millions de personnes sont mordues par des serpents, dont 2,7 millions sont envenimées, ce qui provoque la mort de plus de 100 000 personnes ainsi que la défiguration et l’invalidité de 400 000 autres. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) en assemblée générale cette semaine à Genève a décidé de s'attaquer à ce fléau. Car les ravages causés par les morsures de serpent touchent principalement les personnes pauvres vivant en milieu rural, notamment les travailleurs migrants, les agriculteurs et les personnes déplacées fuyant les conflits ou la violence, et tue plus de personnes que toute autre maladie figurant sur la liste des maladies tropicales négligées de l’OMS.

Dans un communiqué, Médecins sans frontière (MSF), organisation internationale d’aide médicale d’urgence, se félicite de la publication de la stratégie de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) sur la prévention et le contrôle de l’empoisonnement par morsure de serpent, guidée par l’ambitieux objectif de réduire de moitié le nombre de morts et les cas d’invalidité d’ici 2030.

Problème de financement

MSF a été témoin de l’impact dévastateur des morsures de serpent pour les victimes, leurs familles et les communautés aux endroits où nous travaillons : au-delà de la mort et de l’invalidité grave, les survivants de morsures de serpent souffrent souvent de stigmatisation et de discrimination et beaucoup de familles se retrouvent endettées en essayant d’obtenir un traitement.

Au cours des trois dernières décennies, plusieurs tentatives ont échoué et les fonds nationaux et internationaux actuellement alloués par les gouvernements et les donateurs pour mettre fin aux morsures de serpents restent insuffisants. En conséquence, le financement des soins et des traitements contre les morsures de serpent repose principalement sur les dépenses que doivent assumer les victimes, qui disposent souvent de ressources financières limitées et peinent à faire entendre leur voix. Le lancement de la stratégie de l’OMS, avec des besoins de financement clairs, est donc une avancée importante que MSF espère voir traduit en actions rapides et efficaces.

Pénurie de sérums antivenimeux en Afrique

« Les dégâts causés par les morsures de serpent dans le monde représentent une épidémie cachée », déclare le Dr Gabriel Alcoba, référent en médecine tropicale chez MSF. « C’est encourageant de voir que la stratégie de l’OMS concernant les morsures de serpents met l’accent sur l’autonomisation des communautés et le renforcement des systèmes de santé. La maladie doit être combattue de manière holistique et centrée sur le patient, y compris par le biais de programmes de santé préventifs au niveau de la communauté qui peuvent réduire de manière conséquente et mesurable le risque de morsure de serpent. »

Les morsures de serpent ne sont pas incurables. Pourtant, la grande majorité de victimes n’a pas accès à un traitement efficace. Payer pour toutes les doses de sérum antivenimeux nécessaires peut revenir à des centaines de dollars. Par ailleurs, les milieux ruraux ne bénéficient ni de services de référence, ni d'ambulance, ni de personnel de santé qualifié. En raison des prix relativement élevés des sérums antivenimeux, les gens ont souvent recours à des traitements traditionnels à l’efficacité non prouvée voire à des produits antivenimeux moins chers et de qualité douteuse, contribuant également au taux élevé de décès et d'invalidité causé par les morsures de serpent. Plusieurs sociétés pharmaceutiques ont récemment stoppé la production de sérums antivenimeux destinés à l’Afrique car peu lucratifs, alimentant ainsi une crise d'approvisionnement majeure.

Créé: 23.05.2019, 09h52

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