«Les Etats-Unis mènent une guerre contre nous»

Monde - Genève internationaleL’ambassadeur du Venezuela à l’ONU accuse. La crise entre les deux pays connait des prolongements jusqu’à Genève où se tient en ce moment une session du Conseil des droits de l’homme.

l’Ambassadeur Jorge Valero

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Le représentant de la République bolivarienne du Venezuela auprès de l'ONU, l’Ambassadeur Jorge Valero, s'apprête à porter de lourdes accusations contre les Etats-Unis. Le diplomate qui doit intervenir ce vendredi devant le Conseil des droits de l'homme soutient que la tentative de coup d'Etat qui a entraîné l'arrestation d'Antonio Ledezma, le maire de Caracas, il y a quinze jours, a été «encouragée par les Etats-Unis». Cette charge intervient alors que le ton monte entre Barack Obama et Nicolas Maduro. Les Etats-Unis ont pris de nouvelles sanctions économiques qui suscitent l’ire du pouvoir en place.

Pourquoi souhaitez-vous intervenir devant le Conseil des droits de l’homme?

Je souhaite qu'il soit informé de la tentative de coup d'Etat encouragé par les Etats-Unis et mis en œuvre par quelques militaires et civils vénézuéliens, pour essayer de restaurer le vieux système des partis au service de l'oligarchie qui existait avant l'arrivée du président Chavez au pouvoir. Cette élite oligarchique qui prospérait pendant des décennies, exploitant les ressources et le peuple du Venezuela, rêve de retrouver ce qu'elle a perdu. Elle est prête à faire toutes les alliances pour cela. Mais comme en 2002 son projet a échoué.

C'est une accusation qui a déjà été lancée par le président Maduro après l'arrestation du maire de Caracas. Le Venezuela est aujourd'hui accusé de violer les libertés et les droits de l'homme…

Il faut que le monde sache que c'est le gouvernement des Etats-Unis qui viole en permanence les droits de l'homme à l'échelle planétaire. Des millions de personnes ont été tuées à cause de son action en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Amérique latine. Ses drones ont tué des civils innocents, à Guantánamo, des hommes ont été privés de liberté et torturés en violation de toutes les règles internationales. Et maintenant, c'est ce pays qui invoque les droits de l'homme pour justifier un coup d'Etat contre le président Nicolas Maduro et son gouvernement.

Comment se fait-il que les relations entre les Etats-Unis et le Venezuela demeurent aussi tendues alors qu'avec Cuba on assiste à une normalisation?

Les relations entre les gouvernements bolivariens et les Etats-Unis ont toujours été difficiles. Les antagonismes sont profonds et anciens. Les Etats-Unis ont essayé par tous les moyens de faire échouer notre révolution. Mais le problème fondamental, c'est le pétrole. Le Venezuela a les plus importantes réserves de l’hémisphère Sud. Les Etats-Unis veulent mettre la main dessus. Voilà la vérité. Les Etats-Unis soutiennent, à travers leur discours interventionniste, la pénurie de biens de consommation pour encourager la population à se retourner contre son gouvernement démocratiquement élu. Tout cela pour pouvoir dénoncer des atteintes aux droits de l'homme et justifier une intervention. Mais le peuple n'est pas dupe. C'est une guerre économique contre un gouvernement qui promeut la justice sociale dans un cadre de pleine liberté démocratique.

C'est ce que vous allez expliquer devant le Conseil des droits de l'homme?

Absolument. En décembre 2014 les Etats-Unis ont pris des mesures unilatérales coercitives contre le Venezuela. Il y a quelques jours, jours le président Barack Obama a approuvé un ordre exécutif de nature colonialiste visant à renverser le gouvernement du président Nicolas Maduro. Toutes ces actions ne sont pas seulement contraires au droit international. Elles vont aussi à l'encontre des résolutions du Conseil des droits de l'homme qui interdisent les sanctions unilatérales. La communauté d'États latino-américains et caraïbes (CELAC), l’Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique (ALBA) mais aussi le Marché commun du Sud (MERCOSUR), l'Union des nations sud-américaines (UNASUR), le Mouvement des pays non-alignés et le Groupe des 77 et la Chine, ont refusé d'y souscrire et ont même appelé les Etats-Unis à faire marche arrière.

Créé: 12.03.2015, 09h07

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