Inquiétudes autour du fonds de pension de l’ONU

Fonctionnaires internationaux Un nouveau rapport confirme la persistance de dysfonctionnements qui poussent Etats et syndicats à monter au créneau.

Le contrôle de la Caisse commune des pensions du personnel des Nations Unies, qui gère 54 milliards de dollars, est source d'accusations.

Le contrôle de la Caisse commune des pensions du personnel des Nations Unies, qui gère 54 milliards de dollars, est source d'accusations. Image: Lucien Fortunati

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C’est un feuilleton qui dure. Les dysfonctionnements au sein de la Caisse commune des pensions du personnel des Nations Unies (CCPPNU) ont donné lieu à de nouveaux rebondissements avec un rapport qui pointe une série d’anomalies. Les syndicats du personnel qui dénonçaient l’an passé les retards de plusieurs mois dans le versement des pensions des employés «sortants» ne sont plus les seuls à se poser des questions et à tirer la sonnette d’alarme.

Plusieurs Etats s’inquiètent à leur tour de la situation et ne cachent plus leur intention de mettre leur nez dans les comptes du fonds géré par le Mexicain Sergio Arvizú, porté à la tête de l’institution en janvier 2013. Le 28 novembre dernier, la représentante de l’Union européenne auprès de l’ONU à New York, Simona Pilleri, a demandé aux responsables de la CCPPNU qu’ils remédient à la situation de manière à ce que «les retraités ne soient plus privés de leurs prestations» tout en appelant l’Assemblée générale à exercer un contrôle accru pour mettre fin à cette situation.

Les accusations de manque de transparence dans la gestion de la Caisse commune des pensions du personnel des Nations Unies sont étayées par le rapport confidentiel du Bureau des services de contrôle interne de l’ONU daté du 18 octobre 2016. Ce dernier met en évidence des contradictions entre ce qu’affirment les gestionnaires de ce fonds et la réalité. Le nombre des litiges aurait été minimisé et les problèmes liés à la mise en place d’un nouveau système de gestion informatique intégré n’auraient pas été traités avec autant de diligence qu’annoncé. Par ailleurs, plusieurs postes vacants n’auraient toujours pas été pourvus au sein de la caisse de pension, compliquant un peu plus un retour à la normale.

Les petits arrangements avec la vérité mis au grand jour par le dernier audit interne amplifient la rupture de confiance entre les employés de l’ONU et ceux qui administrent leur caisse de retraite. Pour Ian Richards, l’un des représentants des employés de l’ONU à Genève, ce nouveau rapport doit conduire à rejeter définitivement le projet «d’émancipation» de la direction du fonds, qui souhaite avoir ses propres règles financières et plus de flexibilité dans la gestion de ses ressources humaines. «Etant donné les doutes sérieux exprimés sur l’intégrité de celui qui le dirige, nous croyons qu’il est temps de commencer à rechercher son remplaçant», explique-t-il.

Depuis plusieurs années, le contrôle de la Caisse commune des pensions du personnel des Nations Unies, qui gère 54 milliards de dollars, donne lieu à de sourdes batailles. Il existerait des désaccords majeurs sur la façon de faire fructifier ce pactole. L’actuelle direction souhaiterait externaliser une partie de ses activités et se tourner vers les banques et des partenaires privés.

En avril 2015, Ivan Pictet a annoncé qu’il quittait la présidence du comité d’investissement, invoquant une surcharge de travail. Le banquier genevois avait pris soin d’assurer qu’il n’y avait aucun lien entre son départ et les dysfonctionnements dénoncés par les employés de l’ONU. Si la situation du fonds a été qualifiée à plusieurs reprises de «saine» ces dernières années, certains commencent à s’inquiéter de sa baisse de rendement. Pour la deuxième année consécutive, il n’a pas atteint l’objectif de rendement annuel de 3,5%.

Le Groupe des 77 aux Nations Unies, représentant la coalition des pays en développement, vient de dénoncer «la persistance de la sous-performance du fonds». «Le revenu des investissements a chuté de 127% en 2015 par rapport à 2014» relève-t-il. Lors de la réunion de la commission budgétaire qui s’est tenue dernièrement à New York, ils ont appelé à ce qu’il soit remédié à cette situation. Quant aux employés de l’ONU à Genève qui ont participé ses derniers jours à une réunion de la Caisse commune des pensions du personnel des Nations Unies, ils en sont ressortis plus inquiets que jamais.

Créé: 11.12.2016, 18h53

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