L'UDC relance le ferry sur le lac de Genève, l'ATE se dit séduite

Le lac en bacEntre le parti nationaliste et le club automobile écologiste, ce n'est pas encore une alliance, mais une convergence de vue.

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«Errare humanum est, perseverare diabolicum», disaient les Romains qui étaient de grands bâtisseurs de routes et de ponts. L'UDC qui a échoué à convaincre les Genevois de creuser un tunnel sous la rade du lac de Genève, relance en cette année électorale l'idée d'un ferry sur le Léman. Zurich a bien le sien entre Horgen et Meilen. Surprise, le président de l'ATE, Thomas Wenger, récemment auditionné par une commission du Municipal de la Ville de Genève sur le même projet s'est dit ouvert à l'idée.

Deux lignes tiennent la corde. La première, entièrement sur territoire genevois, relierait le quai de Cologny, au bas de rampe de Vésenaz, au Vengeron. La seconde permettrait aux automobilistes de changer de rive entre Chens-sur-Léman et Nyon. Pour Thomas Wenger, comme pour le député UDC Patrick Lussi, le bac n'a pas vocation de remplacer une traversée du lac. C'est une solution transitoire qu'il convient cependant d'étudier sérieusement.

Ça ne paraît pas être l'avis du Conseil d'Etat. Au printemps 2010, dans son rapport circonstancié à la motion 1808, il avait démontré les difficultés et le faible intérêt de réaliser un tel projet sur territoire genevois. Selon les experts, le projet étudié promettait un déficit supérieur à 3 millions pour un chiffre d'affaires de 9 millions. Dans tous les cas, concluait le rapport, il faudrait plutôt envisager une traversée plus au large impliquant la Haute-Savoie et le canton de Vaud. Manière de dire que ce n'était pas l'affaire du canton? Bon prince, le gouvernement genevois promettait cependant des informations dans les six mois à ce sujet. C'est cette promesse que l'UDC entend rappeler.

Depuis presque rien. Ici et là quelques projets sans suite. Le dernier en date évoqué par la Tribune de Genève le 3 septembre 2014 signale une nouvelle tentative d'un grand bureau genevois d’ingénieurs, EDMS, lequel a approché plusieurs communes de Terre-Sainte et de Haute-Savoie.

Au plan politique, Eric Bertinat avait relayé le projet au Conseil municipal de la Ville. Premier succès, la commission de l'aménagement a mordu à l'hameçon. Les rapports sont en cours de rédaction, dit l'élu UDC. Le plénum de la Ville pourrait débattre de la proposition cette année. A suivre donc. (TDG)

Créé: 09.01.2015, 16h18

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Il existe des exemples de bacs qui fonctionnent et plutôt bien en Suisse alémanique. La liaison entre Horgen et Meilen sur le lac de Zurich est même rentable sans toucher de subventions publiques. Une liaison sur le lac de Constance connaît elle aussi un joli succès, même si elle doit compter sur de l’argent public. Ces succès n’ont par contre jamais pu être reproduits sur le Léman.
Battu par le vent, le Léman peut être démonté, obligeant les bateaux à rester à quai certains jours. Enfin, la difficulté à trouver des terrains pour accueillir les équipements nécessaires à l’embarquement des voitures semble être pratiquement insurmontable. En effet, le prix du m2, sur la côte vaudoise comme en France, est trop élevé pour permettre à un nouveau projet d’être viable. (Raphaël Ebinger)

Le «pont flottant» de Zurich

En 1932, les fondateurs de la compagnie Zürichsee-Fähre Horgen-Meilen AG étaient considérés au pire comme des fous, au mieux des visionnaires. Cela fait pourtant plus de quatre-vingts ans que leur flotte, composée de cinq ferrys, relie les rives des deux communes.
Le «schwimmende Brücke», le «pont flottant», c’est justement le surnom de cette liaison qui attire en masse les pendulaires. La cadence est de dix minutes en moyenne, et sept minutes aux heures de pointe. En 2013, ces bateaux ont transporté 2,03 millions de passagers et 1,35 million de véhicules. Le coût de la traversée s’élève à 1,50 franc par personne, auquel s’ajoute un tarif variable pour les véhicules.
Malgré son succès, la compagnie enregistre cette année une baisse de fréquentation. Outre le mauvais temps, de nombreux travaux rendent l’accès aux embarcadères plus difficile, incitant les pendulaires à préférer un passage par la ville. L. MT

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