Six mois de sursis contre un guide autrichien poursuivi pour la mort d'un client

GRENOBLEUn guide autrichien de 38 ans, poursuivi pour homicide involontaire après la mort de son client en juin dans le massif du Mont-Blanc, a été condamné jeudi à six mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bonneville.

Image: Lucien Fortunati

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le professionnel, un guide "très expérimenté" originaire de Kramsach dans le Tyrol, ayant à son actif plusieurs expéditions à plus de 8.000 mètres, a été condamné à six mois de prison avec sursis et à 1000 euros d'amende.

Une peine de principe et une amende de 3500 euros avaient été requises à son encontre par le parquet lors de son procès en octobre dernier.

Le 24 juin 2011, un Autrichien de 49 ans avait fait une chute mortelle à environ 3500 mètres d'altitude, alors qu'il se trouvait sur le couloir du Goûter, une arête accidentée très meurtrière.

Le guide, qui était monté avec trois clients alors que l'usage sur le Mont-Blanc veut qu'un professionnel n'en emmène pas plus de deux, avait laissé seul son client fatigué sur le bord de l'arête.

"Un guide ne doit jamais abandonner son client seul en montagne", avait rappelé lors du procès le procureur de la République de Bonneville, Pierre-Yves Michaud.

Alors que le guide avait demandé à son client de ne pas bouger et d'attendre son retour, la victime, qui présentait depuis la veille des signes de faiblesse respiratoire, avait toutefois repris sa course seule avant de chuter.

"Pas une seule fois je n'ai imaginé qu'il n'attendrait pas", avait expliqué à la barre le professionnel, qui selon le procureur aurait "dû intégrer le risque qu'il décide de repartir seul".

"C'était vous le patron, vous auriez dû imposer à vos clients de ralentir afin d'arriver tous les trois ensemble au refuge", avait insisté M. Michaud.

"Mais c'était trop rageant, trop frustrant de renoncer à ce sommet à cause de ce vilain petit canard", avait lancé le magistrat, qui avait également déploré la "légèreté" avec laquelle le guide avait apprécié le niveau technique de la victime.

"C'est si facile de faire de la montagne quand on est au chaud dans une salle d'audience", avait renchéri Me Xavier Chantelot, plaidant la relaxe de son client au motif qu'il n'existait "aucune démonstration" du lien de causalité entre les maladresses du guide et la mort de l'alpiniste. La famille, absente au procès, ne s'était pas constituée partie civile, avait par ailleurs relevé le prévenu

Créé: 05.01.2012, 17h39

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Inde: vers une réélection du nationaliste Modi
Plus...