Français et Suisses veulent une direction unique pour le Léman Express

Trains régionauxLes autorités des deux pays se donnent cinq ans pour créer une instance binationale.

Étienne Blanc, Luc Barthassat, Nuria Gorrite, Pierre-André Meyrat

Étienne Blanc, Luc Barthassat, Nuria Gorrite, Pierre-André Meyrat Image: DR

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On ne tiendra pas longtemps en bricolant des accords au cas par cas par dessus la frontière. Tel est l'état d'esprit des autorités suisses et françaises à moins de deux ans de la mise en service du CEVA et du réseau ferroviaire transfrontalier Léman Express. Les dirigeants des deux pays ont signé jeudi une lettre d'intention visant à se doter, avant 2023, d'une autorité organisatrice unique pour gérer ce réseau. Lequel serait en outre desservi par un opérateur unique «encore à définir par les CFF et la SNCF».

La lettre a été signée par les représentants des Cantons de Genève et de Vaud (les conseillers d'Etat Luc Barthassat et Nuria Gorrite), le premier vice-président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Etienne Blanc, et par Pierre-André Meyrat, directeur suppléant de l'Office fédéral des transports. Ces orateurs ont souligné la multiplicité des écueils qui obstruent la voie d'un réseau transfrontalier de grande envergure. Les différences entre les deux nations sont non seulement techniques (l'électrification des lignes est notamment dissemblable de part et d'autre de la frontière), mais elles sont aussi de nature administrative, culturelle, juridique, institutionnelle ou financière. «Les obstacles sont terriblement nombreux, mais il y a une volonté commune de les surmonter», résume Etienne Blanc.

L'objectif d'une autorité et d'un opérateur uniques n'est-il pas utopique alors que les deux pays n'ont pas réussi à se mettre d'accord pour acheter le même matériel roulant, chacun ayant privilégié un fabriquant national (Stadler pour la Suisse et Alstom pour la France)? «La volonté est clairement présente de part et d'autre et il s'agit d'une attente à l'égard des opérateurs, répond Pierre-André Meyrat. Il ne leur est pas laissé la possibilité de choisir s'ils le veulent ou non.» Et de préciser qu'il n'est pas question de créer un nouveau droit: la législation d'un pays ou l'autre sera choisie en fonction des thèmes.

L'un des buts est de «garantir un niveau de qualité identique de part et d'autre de la frontière», selon Luc Barthassat. Nuria Gorrite, elle, laisse entendre que les questions relatives au droit du travail promettent d'être sensibles. Ce qu'on ne dément pas du côté des syndicats. «On craignait depuis le début la création d'un opérateur unique qui, si elle simplifie les choses, ouvre aussi la voie à des appels d'offre après six ans d'exploitation du réseau, souligne Valérie Solano, secrétaire du syndicat SEV. Des opérateurs étrangers potentiels comme la RATP sont déjà présents dans la région. Il y a le risque que le réseau tombe en mains d'une entreprise dont les conditions de travail et de salaire seraient inférieures à celles pratiquées aux CFF.» (TDG)

Créé: 01.02.2018, 16h23

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