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Sur fond d'épidémie et d'inquiétude, les TPG rabotent leur réseau

L'offre baissera de plus de 40% lundi. Les lignes transfrontalières souffrent de la fermeture de la frontière. Les syndicats relaient l'anxiété des conducteurs. L'offre ferroviaire recule aussi. Le Léman Express ne roulera plus en Haute-Savoie.

Image d'illustration.
Image d'illustration.
Laurent Guiraud

Après les Mouettes (qui ont suspendu leur service) et les CFF (qui ajustent leurs cadences à la baisse dès jeudi), c'est au tour des TPG d'équarrir leurs prestations en temps d'épidémie. Alors que la fréquentation a chuté de 40% par rapport à la normale en ce début de semaine, c'est une baisse du même ordre qui s'appliquera dès lundi sur l'offre de transports. Elle devrait nécessiter 300 conducteurs de moins par rapport aux 700 qui font tourner le réseau au quotidien.

Avant même le coup de rabot de lundi, des premières coupes ont été annoncées mercredi soir avec effet immédiat, en lien avec les fermetures partielles de la frontière franco-suisse. Exemple: alors que la douane de Soral II est désormais bouclée en permanence, il devient impossible d'exploiter la ligne transfrontalière 63 (Viry-Confignon). Les lignes 64, 66, M, N et T passent aussi à la trappe jusqu'à nouvel ordre alors qu'on abrège les lignes G, K, 38, 52, 62, 66, 68 et 76. Le bus D (Bel-Air-Saint-Julien) ne circule plus que sur territoire suisse et c'est aussi le cas de certains services de la ligne F (Cornavin-Gex) en raison des retards pris à la frontière.

Consulter l'horaire en ligne avant tout déplacement devient un impératif. Les TPG rappellent en outre que la consigne officielle est même d'éviter autant que possible les voyages en transport public, en particulier pour les personnes à risque. Et c'est même à proscrire si on est malade. Les réductions avec effet immédiat ou prévues lundi pourraient ne pas être les dernières. «Différents scénarios de baisse supplémentaire de l’offre pourraient être déployés le cas échéant», indique François Mutter, au nom des TPG.

«Grogne gigantesque»

C'est dans ce contexte mouvant et anxiogène que les représentants du personnel des TPG ont rencontré mercredi après-midi la direction d'exploitation afin de relayer les inquiétudes du personnel. La régie a déjà pris des mesures, en isolant par exemple davantage les conducteurs dépourvus de cabine fermée de pilotage. Mais le syndicat SEV, majoritaire aux TPG, a diffusé mardi une série de revendications additionnelles, portant sur des désinfections plus fréquentes des véhicules (à chaque retour en dépôt) et du poste de conduite (à chaque relève), une limitation du nombre de passagers ou encore la mise à disposition de désinfectant pour nettoyer les outils de conduite.

«La grogne est gigantesque, témoigne Valérie Solano, secrétaire du SEV. Nous disons aux collaborateurs de ne pas venir travailler s'ils se sentent en danger. Même aux ateliers, des craintes s'expriment, soit parce qu'on est soi-même vulnérable, soit parce qu'un proche l'est. D'où les revendications. Quelque cinq personnes se relaient par jour à un poste de conduite, et il n'y a pas de gel désinfectant pour nettoyer le volant et les commandes.»

La direction des TPG se déclare «très concernée» par la santé des collaborateurs et est prête à explorer d'autres mesures pour la protéger. Mais il y a des difficultés d'approvisionnement et des soucis très pratiques: certaines lotions rongent les volants, le port de gants empêche d'utiliser l'écran tactile du poste de conduite... «Les deux parties ont convenu que la situation actuelle était très compliquée et très difficile pour tout le monde», résume François Mutter, porte-parole des TPG.

Le rail se contracte

Pour sa part, le Léman Express annonce qu'il passe dès jeudi à une cadence à la demi-heure sur son tronçon principal (Coppet-Chêne-Bourg). Pour gagner Annemasse, il faudra compter sur le tram 17. Les lignes haut-savoyardes sont remplacées par des bus. La desserte de La Plaine est assurée normalement, seul un train matinal pour Bellegarde est écourté (terminus Russin). Le Regio Express a désormais Cornavin pour terminus.

Les CFF annoncent également mercredi soir un repli de leurs prestations à compter de lundi. D'autres ajustements auront lieu le jeudi 26 mars.

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