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Une fête interreligieuse pour éviter les amalgames

L’association musulmane albanaise Dituria inaugurera son nouveau lieu de culte avec la Commune le 20 mai.

L'intérieur de la mosquée.
L'intérieur de la mosquée.
Lucien Fortunati

Le Centre culturel islamique albanais Dituria inaugurera officiellement ses nouveaux locaux à Plan-les-Ouates le 20 mai. Une grande fête organisée par la Plateforme interreligieuse de Genève, incluant les communautés protestantes et catholiques voisines, est prévue à cette occasion. Les responsables du centre et la Commune ont annoncé hier à la presse la manifestation. Ils comptent sur cet événement pour tordre le cou à certains amalgames.

C’est que l’aménagement de ce lieu abritant plusieurs salles de prière n’est pas passé inaperçu dans cette municipalité de la Rive gauche, et plus largement dans le canton. Peu après l’annonce de sa venue, des personnes ont distribué des tracts anti-islam dans le village. Puis des médias ont parlé de «mosquée ouverte en douce» et de «zones d’ombre» autour du futur centre.

D’abord en retrait, la Commune a rapidement décidé de soigner sa communication sur le sujet. Elle a demandé de l’aide à la Plateforme interreligieuse. «Certains mots comme «mosquée» ou «fanatisme» ne doivent pas être tabous, mais notre rôle est aussi d’arrêter les suspicions infondées», explique le conseiller administratif PDC, Xavier Magnin. Le magistrat a tenu à insister une nouvelle fois hier devant la presse que «toutes les informations reçues aussi bien des autorités cantonales, religieuses que de la commune de Vernier, où est établie actuellement l’association, ont été très positives».

Si tout va bien, le centre de Plan-les-Ouates débutera ses activités en juin. Au programme: cours d’albanais et de français et moments de prières et d’échanges entre membres de la communauté.

Racheté par l’association Dituria en 2014, l’ancien hangar de la route de Saint-Julien est aujourd’hui méconnaissable. Entièrement rénovée, la bâtisse abrite deux grandes salles de prières à l’architecture orientale, une cafétéria et des salles de cours. «Nos locaux sont ouverts à tous, pratiquants et non pratiquants, religieux et non-religieux», insiste Abdyl Bekteshi, trésorier de Dituria. Le vice-président de l’association, Nexhat Demiri, précise de son côté qu’ils prônent un islam «progressiste et tolérant»: «Il n’y a pas de discours de haine ici et nous n’imposons rien, toutes les personnes qui viendront devront respecter ces règles.»

Hier dans le village, presque tous les habitants croisés étaient au courant de l’ouverture prochaine du centre. Qu’en pensent-ils? «Tout le monde est libre de pratiquer la religion qu’il souhaite pour autant qu’elle n’empiète pas sur celle des autres, estime Sébastien Barthassat, 43 ans. S’il y a 250 voitures tous les vendredis, cela posera peut-être problème. Mais il faut leur laisser une chance et garder la possibilité de fermer le lieu si ça se passe mal.» Comme lui, la plupart des personnes sondées attendent «de voir pour juger».

Certains estiment toutefois que la Mairie aurait dû informer la population plus tôt compte tenu de «la sensibilité du sujet». Xavier Magnin balaie la critique: «Cela ne sert à rien de communiquer alors que le lieu est en chantier.» Le magistrat relève par ailleurs que les principales craintes formulées par les riverains à la Mairie ne concernent pas le caractère religieux du lieu mais la question des parkings. Il en profite pour indiquer que des vérifications ont été faites et que le nombre de places à disposition aux abords du centre est suffisant.

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