Des vandales s’acharnent de nuit sur le Théâtre du Loup

Fait diversLes murs en bois de l’institution artistique, située au bord de l’Arve, ont à nouveau été souillés par une bande de tagueurs sans génie. Colère et dépit.

Les murs en bois du Loup avaient été repeints à neuf récemment. Il faut tout recommencer.

Les murs en bois du Loup avaient été repeints à neuf récemment. Il faut tout recommencer. Image: Laurent Guiraud

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Ils venaient de repeindre complètement les murs en bois de leur théâtre, celui du Loup, l’un des plus beaux de Genève, situé sur les bords de l’Arve, au 10, chemin de la Gravière. Ils peuvent recommencer.

Ce chantier de Sisyphe d’aujourd’hui est annoncé sur les réseaux sociaux par l’équipe artistique: «Après trois jours de travaux intenses, nous étions heureux d’avoir à nouveau un théâtre tout beau, tout neuf. Nous sommes profondément attristés et dépités par cet acte de vandalisme gratuit et acharné.»

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des barbouilleurs de passage ont en effet tagué dans les grandes largeurs les faces restaurées de l’institution culturelle. Trois minutes ont dû suffire: l’inspiration est fumeuse, le trait moche et mou.

Mais acharné, oui. Du vert, du rouge, du bleu, à hauteur d’homme, mais également à trois mètres du sol, en escaladant la façade principale par la gouttière en zinc pour se hisser sous les fenêtres de l’étage administratif. Lettrage baveux, motifs sans génie, signature bâclée. Ici, une tête de loup fatigué; là de licorne en colère.

Un peu partout, des grossièretés écrites à toute vitesse légendent ce graphisme de caniveau, peu raccord avec la ligne claire de la maison. Enfin, juste avant de déguerpir, un «désolé» sortant de la bouche d’un émoticone.

Ce repentir tardif pourrait encourager les auteurs – rêvons un instant, c’est la seule arme contre la bêtise – à se manifester en venant, à la lumière du jour, nettoyer ce qu’ils ont sali la nuit. Faisons le pari qu’ils seraient bien accueillis par l’équipe du Loup et qu’ils repartiraient avec une invitation en poche pour la prochaine création de la compagnie, établie à Genève depuis 1978.

En voyant le spectacle, ils comprendraient alors qu’ils se sont trompés d’adresse. Laquelle n’est éclairée le soir venu que par des spots de théâtre. A la différence du proche et immaculé hôtel de police, truffé, lui, de caméras de surveillance.

Le jour où le plus ancien théâtre éphémère de la place – il avait été construit pour dix ans, il est toujours debout – sera lui aussi placé sous vidéoprotection, on cessera de rêver. Ce n’est pas demain la veille.

Créé: 19.07.2019, 15h13

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.