L’Exécutif refuse sa grâce au Noble Exercice de l’Arc

PatrimoineArbitrant en faveur de nouveaux logements, le Conseil d’État rejette le classement de l’édifice.

Représentatif du courant Art nouveau, l’Hôtel du Noble Exercice de l’Arc est voué à être démoli.

Représentatif du courant Art nouveau, l’Hôtel du Noble Exercice de l’Arc est voué à être démoli. Image: GEORGES CABRERA

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Dans le quartier des Allières, la voie s’ouvre aux pelleteuses et autres marteaux burineurs pour qu’ils puissent raser l’Hôtel du Noble Exercice de l’Arc. Dissimulé au fond d’une impasse perpendiculaire à la route de Chêne, l’élégant édifice conçu en 1900 par l’architecte Lucien Montfort ne sera pas classé. Le Conseil d’État a décidé mercredi de rejeter les demandes de classement qu’il avait reçues il y a un an de deux associations.

«L’autorisation de démolir le bâtiment ainsi que l’autorisation de construire les immeubles de logements ont été délivrées en novembre 2017 et sont aujourd’hui définitives», écrit le Conseil d’État dans son communiqué. Un texte qui relève la proximité du périmètre à la nouvelle gare des Eaux-Vives ou la coïncidence des 400 logements prévus avec les besoins prépondérants de la population, mais qui ne fait pas la moindre mention aux aspects patrimoniaux de cette décision.

Pourquoi cette omission? «On ne nie pas que ce bâtiment a une valeur patrimoniale, il en a bien une, répond Antonio Hodgers, président et chef du Département de l’aménagement. Mais dans la pesée d’intérêts, il y a un potentiel de 400 logements. Mes services ont planché sur des versions alternatives, mais l’édifice se trouve dans la partie la plus dense du plan localisé de quartier. Nous confirmons les arbitrages effectués dès 2013. Cela n’équivaut pas à un dénigrement des qualités architecturales réelles du bâtiment.» Et de noter que le propriétaire de la maison, le Noble Exercice de l’Arc, n’entend pas conserver son bien. Mentionnée dès 1444, cette organisation est de fait la doyenne des sociétés genevoises. Elle compte transférer ses activités dans une maison de maître à Choully.

Le collectif «Contre l’enlaidissement de Genève» est très déçu par la décision gouvernementale qu’il aura vainement tenté d’infléchir. «Nous accueillons cette décision avec surprise et stupéfaction, réagit Björn Arvidsson, membre du collectif. Nous avons remué ciel et terre pour sensibiliser la population à ce poumon de verdure qui abrite des éléments architecturaux très intéressants. La pesée d’intérêts dont on nous parle nous laisse sceptiques.» Autre membre, l’historienne de l’architecture Leila El-Wakil enchaîne: «Rien n’est fait pour occuper les 300 000 mètres carrés de bureaux vides qui sont recensés aujourd’hui à Genève avant de détruire notre patrimoine, dénonce-t-elle. C’est incompréhensible d’agir ainsi en 2018. En s’en prenant au peu de nature qui subsiste et aux éléments patrimoniaux et culturels, on rend Genève invivable pour les générations futures.»

Créé: 13.12.2018, 18h18

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