Eric Leyvraz l’emporte sur Christina Meissner

Présidence du Grand Conseil La députée, exclue de l’UDC, a dû s’incliner devant le candidat du parti. Le PLR a ensuite placé Jean Romain à la 1re vice-présidence.

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Le député UDC Eric Leyvraz a été élu jeudi par ses pairs hier pour la seconde fois (après 2008) à la présidence du Grand Conseil. Il remplace le PDC Jean-Marc Guinchard. Cette seconde accession au perchoir est rarissime puisqu’il faut remonter à 1942 pour retrouver un député ayant été nommé deux fois 1er citoyen du canton. Mais les circonstances étaient exceptionnelles puisque l’UDC – dont c’était le tour d’occuper la présidence – devait faire face à la candidature de Christina Meissner, désormais ex-UDC, qui avait choisi de tenter sa chance jusqu’au bout.

Il y a un an, une courte majorité avait au contraire désigné Christina Meissner à la 1re vice-présidence (qui conduit l’année suivante à la présidence) contre le candidat officiel de l’UDC, Patrick Lussi. A la suite de cette soirée mémorable, la députée avait été exclue de son parti. Elle siège aujourd’hui comme indépendante, ce qui n’empêche pas de briguer la présidence.

Les femmes oubliées?

Présentant elle-même sa candidature, Christina Meissner a reconnu que la situation était inédite puisque jamais un indépendant n’avait présidé le parlement. «Mais c’est peut-être une innovation porteuse d’espoir car je serai encore davantage au-dessus des partis», a-t-elle ajouté.

La députée a surtout insisté sur le fait qu’elle se présentait «en tant que femme et au nom des femmes, car cela fait dix ans qu’aucune n’a eu l’honneur de présider ce Grand Conseil». La dernière en date est en effet la socialiste Loly Bolay Cruz, qui a suivi hier avec passion cette élection depuis la tribune.

Avec la candidature d’Eric Leyvraz, le pari était toutefois difficile à gagner. Député expérimenté et personnalité appréciée par ses pairs, le viticulteur de Satigny pouvait sans forcer être présenté comme l’homme de la situation par son collègue Stéphane Florey.

D’autant que, visiblement, des négociations entre partis de droite et le MCG avaient abouti à un accord où, comme on l’a constaté peu après, chacun retirait un avantage. Le résultat de l’élection était sans appel: Eric Leyvraz était préféré par 56 voix contre 30 à Christina Meissner (vraisemblablement des suffrages venus presque exclusivement de la gauche).

Après les discours (tous deux excellents) du président sortant, Jean-Marc Guinchard, et du nouveau, le parlement a procédé à l’élection du 1er vice-président. Le match a cette fois opposé le Vert François Lefort au PLR Jean Romain.

«Un putsch honteux»

Pour les écologistes, le poste aurait dû logiquement revenir à leur poulain en raison du tournus habituel. Mais le PLR tenait absolument à placer l’un des siens afin qu’il accède – en théorie – à la présidence lors de la première année de la prochaine législature.

Le résultat était cette fois plus serré. Jean Romain l’emportait par 51 voix contre 44 à François Lefort. L’annonce du choix de la majorité provoquait la colère de l’écologiste Sarah Klopmann: «Nous venons d’assister à un putsch honteux. Honteux car la dernière présidence Verte remonte à 2011-2012, alors que le PLR en a obtenu trois depuis 2010.»

Mais la gauche allait boire le vin jusqu’à la lie. Pour la deuxième vice-présidence, c’est cette fois le MCG Jean-Marie Voumard qui allait être préféré au malheureux François Lefort (54 voix contre 39). Tandis que la candidature exotique de Carlos Medeiros, présentée par Eric Stauffer, n’obtenait que deux voix.

L’Alternative furieuse

Au final, la droite et le MCG se seront approprié les trois postes prestigieux du bureau et y auront placé uniquement des hommes. Un fait dommageable selon l’Alternative. «Cette attitude arrogante pose de graves problèmes en termes de représentativité au sein du bureau et de bonne collaboration au sein du Grand Conseil, estiment ainsi les Verts. Désormais, aucune femme ne siège à la présidence ou aux vice-présidences du bureau.»

(TDG)

Créé: 16.03.2017, 21h38

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