Enfants fragilisés: une Genevoise implante un projet français

Entraide L’association La courte échelle veut tisser des liens durables entre enfants et adultes bénévoles.

Armelle Loiseau Moser (à gauche) vient ainsi de créer La courte échelle, une association qui s’inspire de sa dynamique aînée parisienne «Parrains par mille» fondée par Catherine Enjolet.

Armelle Loiseau Moser (à gauche) vient ainsi de créer La courte échelle, une association qui s’inspire de sa dynamique aînée parisienne «Parrains par mille» fondée par Catherine Enjolet. Image: © Georges Cabrera

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«Sans nourriture affective, on ne peut pas grandir.» Habitée par cette certitude, l’écrivaine française Catherine Enjolet – qui a elle-même dû surmonter les blessures de son enfance – a fondé «Parrains par mille». Objectif de cette association, initiée il y a une trentaine d’années à Paris, et soutenue par le psychiatre et psychanalyste français Boris Cyrulnik: tisser des liens de proximité durables entre un enfant de famille isolée ou fragilisée et un adulte bénévole.

Un concept qui a séduit une enseignante genevoise: Armelle Loiseau Moser vient ainsi de créer La courte échelle, une association qui s’inspire de sa dynamique aînée parisienne. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: Parrains par mille s’est développée dans de nombreuses villes de France et compte désormais 5000 parrainages à son actif.

«Liens sans frontières»

Un tel succès ne pouvait que donner des ailes à sa fondatrice. Catherine Enjolet entend bien à présent développer son œuvre dans d’autres pays, à commencer par le Japon, le Maroc et «l’Autriche où le flux migratoire actuel nécessite des mesures urgentes», considère l’écrivaine, de passage à Genève à l’occasion du Salon du livre. «Les liens n’ont pas de frontières», avance celle qui se réjouit aussi d’essaimer à Genève.

Pour la plus grande joie d’Armelle Loiseau Moser: «Dans mon métier, j’ai vu des enfants qui ne vont pas suffisamment mal pour qu’on les dirige vers une institution mais qui souffrent de carences évidentes. Leurs familles peuvent notamment manquer de ressources financières, mais aussi de temps. Résultat: certains ne quittent jamais leur quartier. J’ai été surprise en les emmenant avec l’école en forêt de constater combien cet environnement était parfois inconnu pour eux.»

Débuts genevois

Et puis un jour, la maîtresse attentive a découvert «cet extraordinaire concept» des parrainages de proximité: «Avec mon mari éducateur, Yves Moser – l’un des 7 membres du comité de La courte échelle – nous sommes allés voir Catherine pour l’informer de notre envie d’étendre son idée.» Une fois les statuts, la charte et le contrat moral d’engagement sous toit (besoin d’un extrait du casier judiciaire et d’un certificat de bonne vie et mœurs), les premiers liens genevois pouvaient se nouer. «Le bouche-à-oreille est efficace! Des familles nous ont vite sollicités pour démarrer des parrainages. Un seul s’est concrétisé pour l’heure, entre une fillette de 10 ans et une trentenaire, mais plusieurs projets sont en route, précise l’enseignante de Chêne-Bourg. Les enfants ne manquent pas, or nous voulons d’abord trouver un nombre suffisant de marraines et de parrains.» Avis aux intéressés.

«Notre volonté est de mettre en lien un enfant ou un adolescent, de famille plutôt isolée ou fragilisée, avec un adulte bénévole, poursuit Armelle Loiseau Moser. L’ambition, quand on est marraine ou parrain, c’est d’offrir un peu de son temps et de partager des activités avec ce jeune de façon régulière. Ce peut être une simple promenade dans la nature, jouer dans un parc, faire un bricolage, aller voir un film, avancer ses devoirs, voir un spectacle, faire un tour à vélo ou autres.»

Parrainages à la carte

Ces parrainages doivent être à la mesure de chacun, ajoute Catherine Enjolet, ravie d’accompagner les débuts de La courte échelle: «Des liens à la carte en quelque sorte en fonction des besoins de l’enfant et des possibilités des marraines et parrains; mais aussi des spécificités locales.» Le leitmotiv reste, par contre, toujours le même: «Les liens du sens», selon la nouvelle dénomination du concept… devenu international. Et puis, conclut Armelle Loiseau Moser, «tant l’enfant que l’adulte sont gagnants dans l’échange».

(TDG)

Créé: 28.04.2016, 20h05

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