Employés de l'ONU trahis par les prix de France

GenèveLes salaires de plus de 5000 fonctionnaires de l'ONU vont être réduits. Ils déplorent un manque de transparence dans le calcul.

Des fonctionnaires de l'ONU manifestent à Genève (Mardi 25 avril 2017).

Des fonctionnaires de l'ONU manifestent à Genève (Mardi 25 avril 2017). Image: Keystone

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Plusieurs centaines de fonctionnaires de l'ONU à Genève ont manifesté mardi contre la réduction attendue de 7,5% de leur salaire d'ici novembre. Ils demandent à New York de reconsidérer une décision «pas transparente» et des critères contestables, selon eux.

Au total, la mesure de la Commission de la fonction publique internationale (ICSC) doit toucher 5400 personnes à Genève. Elle a été décidée sur la base d'un réajustement au coût de la vie dans la région. Une réduction de 5% est prévue en août. Le reste est attendu pour novembre.

Réunis à l'appel notamment de la Fédération des associations des fonctionnaires internationaux (FICSA) et du Conseil de coordination des associations de personnel de l'ONU et de ses agences, les manifestants déplorent le manque de transparence dans le calcul.

Mais aussi ses conclusions sur les coûts «spectaculairement faux» de la vie à Genève, a expliqué le secrétaire exécutif du Conseil de coordination Ian Richards.

«Mauvais pour la réputation de l'ONU»

Les prix de France voisine ont été en partie pris en compte et les tarifs de billets de trains en Suisse ont été par exemple largement sous-estimés. «Il ne s'agit pas uniquement de Genève» et cette réduction pourrait constituer un test pour d'autres centres de l'ONU.

Actuellement, seuls des fonctionnaires de l'ONU dans quelques pays de l'UE seraient également concernés, selon Ian Richards. Il demande un gel de cette mesure qu'il considère comme brutale.

Ce dispositif «est mauvais pour la réputation de l'ONU» et peut dissuader des personnes de travailler pour elle «si elle semble être un employeur imprévisible». Ian Richards a rencontré mardi le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Il semblerait que la Commission accepte de réexaminer la situation.

Regardée par Burkhalter

De son côté, le conseiller fédéral Didier Burkhalter, également à Genève mardi et qui a constaté la manifestation, a indiqué avoir discuté la veille avec Antonio Guterres des coupes budgétaires attendues à l'ONU. Le secrétaire général a été «très franc». Il «aime bien la Suisse et Genève. On le sent», explique le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

La Suisse a garanti un prêt de près de 439 millions de francs pour le Palais des Nations. Avec les coupes attendues de la contribution américaine, «il y a actuellement pour l'ONU en général, et à Genève en particulier, des risques, mais aussi des chances», estime le conseiller fédéral.

Mais il ne faut pas penser que le prêt suisse donne «droit» à des revendications pour obtenir «beaucoup plus». La Suisse fait valoir ses intérêts, mais elle doit aussi être reconnaissante, ajoute le chef du DFAE.

(ats/nxp)

Créé: 25.04.2017, 18h19

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