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Il dit avoir percuté la victime «entre 60 et 70km/h»

Entendu deux fois, le prévenu conteste avoir voulu tuer le jeune homme. Une reconstitution sur le parking a eu lieu lundi soir.

La police a bouclé le secteur afin de laisser la procureure et les inspecteurs enquêter sur l’homicide.
La police a bouclé le secteur afin de laisser la procureure et les inspecteurs enquêter sur l’homicide.
Frank Mentha

Branle-bas de combat lundi soir sur le parking du Centre sportif de Bois-Carré, à Meyrin. La police a bouclé le secteur afin de laisser la procureure et les inspecteurs enquêter sur l’homicide survenu dans la nuit du 8 au 9 juin. X., le Suisse de 21 ans qui a roulé sur Y., son rival, n’a pas fait le déplacement pour ce transport sur place. En revanche, plusieurs de ses copains étaient convoqués comme témoins sur les lieux de ce drame de la jalousie. Parmi eux, la jeune femme au cœur du conflit entre les deux hommes.

Selon nos renseignements, le soir du drame, le prévenu veut parler avec elle au sujet de leur relation, officiellement terminée l’été dernier. Ils se retrouvent sur le parking du centre sportif et font un tour en voiture, celle offerte en mai par la mère du prévenu. C’est lors de ce trajet que la jeune femme aurait admis avoir eu une relation avec le rival portugais. X. se sent «très, très mal». Cette situation lui semble insoutenable. A ses yeux, cette relation est néfaste pour elle. Le duo revient ensuite sur le parking du centre sportif. Y. s’y trouve avec trois autres amis.

«J’ai vu noir»

Après ces troublantes révélations, le prévenu voit «noir», dit-il en apercevant Y., un Portugais de 25 ans, traverser entre les colonnes de voitures parquées. Il accélère et fait même «deux-trois vrombissements» d’après la fille au cœur du litige. Le conducteur percute le malheureux, qui vole par-dessus le pare-brise et est projeté en avant. A 3-4 mètres du pare-chocs, selon X., qui n’avait pas bu cette nuit-là, comme l’atteste son alcoolémie mesurée après son arrestation. Il évalue lui-même sa vitesse au moment de l’impact: «Entre 60-70 km/h.» Vraiment? L’enquête tranchera.

«Je t’avais prévenue»

X. soutient ensuite qu’il est alors traversé par un court moment de lucidité. Puis la colère reprend le dessus. Il ne contrôle plus rien. Ce sont ses termes. Soudain, il roule sur son rival. Des témoins, entendus par la police, racontent que la victime est traînée sur 10-15 mètres: «Ce n’était pas mon but de le tuer.» Quoi qu’il en soit, il s’enfuit, non sans avoir dit à la fille: «Je t’avais prévenue.» De quoi? «De choisir entre lui et moi», soutiendra plus tard X. Entendue le 15 juin, la mère du suspect raconte la suite des événements à la procureure. Elle reçoit un appel vers minuit. Un des témoins, un copain de son fils, lui dit que X. a percuté la victime avant de repartir. Pendant ce téléphone, la jeune fille hurle. La mère demande si les jeunes ont appelé les secours et s’ils ont mis la victime, qui est encore vivante à ce moment-là, en position latérale de sécurité, comme elle l’a appris aux cours de Samaritains.

La mère raccroche et appelle son fils, qui confirme avoir fait une bêtise. Elle lui demande de rentrer «pour venir discuter». Quelques minutes plus tard, X. déboule à la maison, boit quelque chose et évoque à ce moment-là la relation entre la fille et la victime. X. se demande même pourquoi personne ne l’a empêché de faire cela. Peu après, la police vient l’interpeller à la maison. Quelques heures plus tard, la victime succombera à ses blessures à l’hôpital.

Les deux hommes avaient eu une altercation le 28 mai. Ils avaient, chacun de leur côté, déposé plainte contre l’autre au poste de police de Blandonnet le 29 mai. Selon nos renseignements, la bagarre a eu lieu sur le même parking, celui de la piscine de Meyrin, à 22 h 30. Au fil des auditions, on comprend que X., agent de sécurité, et Y. étaient amis. Un patron de pizzeria l’a confirmé à la police. Une amitié qui a duré jusqu’à ce que la fille entre dans leurs vies, considère la mère en audition. A ses yeux, la jeune femme ne savait pas choisir entre les deux prétendants. Et son fils a craqué en voyant s’éloigner son premier amour.

Un autre ami accuse

Avant les faits, X. a multiplié les intimidations, via le téléphone et les réseaux sociaux, qui se seraient étalées sur plusieurs semaines. «Tu touche au 2 personne que j’aime dont ma mère la tu es grave dans la merde.» C’est ce texte que le jeune Suisse aurait laissé sur sa page Facebook, le 30 mai à 0 h 50. La suite du message, avec encore la présence de fautes d’orthographe: «Je t’ai toujours dit qu’il fallait pas toucher au gens que j’aime sinon c’était la mort que tu aura enface de toi.» Mais ce message ne nomme pas la cible.

A noter qu’un des témoins a déclaré récemment à la police avoir été menacé par X. au sujet de la même fille.

Avocats de la mère de la victime, une infirmière de profession, Mes Samir Djaziri et Bernard Nuzzo se veulent clairs: «Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une exécution. Le prévenu n’a laissé aucune chance à sa victime. Il a agi pour tuer. C’est un comportement abject.»

Défenseur du père de la victime, un mécanicien portugais, Me Robert Assaël va dans le même sens que ses confrères de la partie plaignante: «Le prévenu a froidement et sans scrupule mis à exécution les menaces de mort qu’il avait proférées. C’est effroyable.» Quant au drame de la jalousie, le pénaliste genevois n’y croit pas une seconde, «puisque le prévenu avait retrouvé le bonheur au début de l’année avec une autre femme».

Contacté lundi, l’avocat du prévenu, Me Sylvain Zihlmann, ne souhaite pas commenter les derniers développements des investigations en cours mais «regrette les fuites qui nuisent au bon déroulement de l’enquête».

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