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Les dépenses de Guillaume Barazzone sortent du lot

Le magistrat démocrate-chrétien indique avoir rendu pas loin de 52'000 francs.

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«On va serrer les fesses…» Captés par un micro indiscret, ces mots ont été glissés en aparté par Guillaume Barazzone à son voisin, Sami Kanaan, en prélude à la conférence de presse que l’Exécutif de la Ville a donnée en réaction au rapport de la Cour des comptes. Alors que le maire n’avait pas encore fini de prendre congé, 80 minutes plus tard, le même Barazzone a quitté la pièce à grandes enjambées. Entre-temps, il a eu fort à faire pour justifier ses notes de frais qui ont atteint selon la Cour 42 224 francs en 2017. C’est le record du collège: près du quadruple de ce qu’a facturé Sandrine Salerno ou 75% de plus que la moyenne du Conseil.

L’élu du PDC a dit avoir décidé, «sur une base volontaire», de rendre 51 896,46 francs, après avoir révisé ses frais depuis son élection en 2012. «Je n’ai pas fait tout juste, a-t-il admis. J’ai commis des imprudences et des erreurs involontaires.» Le responsable de la police municipale et de la voirie répond point par point aux griefs.

Ses frais de téléphonie? Son portable est son principal outil de travail, d’où un flux de données «important mais pas excessif», facturé au prix fort à cause des abonnements, «désuets» car non illimités, qui étaient ceux de la Ville jusqu’à juillet. L’édile admet qu’il aurait pu acheter des packs de données, ce qui aurait limité les coûts. Faute de l’avoir fait, il rembourse la différence avec la consommation moyenne de ses collègues.

Des dépenses en alcool fort? Oui, il avoue 384 francs en 2017, lors de quatre invitations «dans le cadre de mes fonctions», précise-t-il. Il juge toutefois recevable l’argument de la Cour: de tels frais ne seraient pas remboursés aux employés municipaux selon le règlement qui les régit. Il confesse aussi avoir contribué au paiement d’une addition de 364 francs couvrant une bouteille de champagne et précise qu’il ne le referait pas.

Là aussi, il restitue. Mais ce n’est pas tout. «J’ai décidé de rembourser, sur une base totalement subjective, mes frais également depuis 2012 entre une heure et six heures du matin, annonce-t-il. On ne pouvait peut-être pas présumer à partir d’une certaine heure que ces frais étaient liés à la fonction.» La Cour a évoqué des frais nocturnes de 4043 francs en deux ans, dont des courses de taxi tardives de et vers des adresses privées.

L’élu reconnaît enfin s’être fait rembourser par erreur des frais privés à sept reprises en deux ans. Motif: ses cartes de crédit professionnelle et privée étaient toutes les deux grises, relevaient de la même banque et avaient le même code. Il annonce avoir également remboursé des dépenses «discutables» et avoue un «manque de rigueur» dans la vérification des tickets.

«Je ne veux pas que le contribuable soit lésé», assure le magistrat en conclusion de ce mea culpa. Mais n’est-il pas embarrassant, pour le seul magistrat de droite, d’apparaître comme le plus dépensier de tous alors que son camp politique a multiplié ces dernières années les attaques contre un budget municipal jugé trop dispendieux? «Les deniers publics m’importent, d’où le fait que j’ai procédé à des remboursements», argue-t-il. Un geste qui équivaut à un aveu de culpabilité? «Pas du tout, il y a eu sept erreurs en deux ans et mes dépenses téléphoniques correspondaient à des tâches professionnelles.» Magistrate de la Cour des comptes, Isabelle Terrier diverge. «Cela montre que le caractère professionnel de ces dépenses n’était pas démontré, en tout cas pour les repas et les courses de taxis», estime-t-elle. Et de trancher: «C’est clairement un aveu.»

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Rémy Pagani et Esther Alder visés

Médaille d’argent des frais de taxis de l’Exécutif, la Verte Esther Alder rejette les reproches des auditeurs qui imputent à son «confort personnel» ce choix de locomotion utilisé parfois pour rallier son domicile ou le quitter. Une centaine de courses ayant coûté 3014 fr. en 2017. «Cela fait un trajet tous les trois jours alors que ma charge peut impliquer sept ou huit déplacements quotidiens, plaide l’écologiste. J’emporte souvent de gros dossiers chez moi et je dois parfois rentrer à la maison pour me changer.» Celle-ci assure ne plus disposer de place de parking offerte par la Ville à l’Ancien Manège, transformé en centre socioculturel, un privilège qu’elle partageait avec Rémy Pagani.

L’élu d’Ensemble à Gauche rejette en bloc tous les reproches que le rapport lui adresse. Oui, les notes de frais émanant de Marseille, de la buvette de la plage de Tannay ou rédigées le jour de Noël, c’est lui. «Je travaillais», martèle-t-il. S’il a bénéficié d’une place de parking, c’était afin d’utiliser son véhicule personnel plutôt que de mobiliser une voiture avec chauffeur de la Commune. «J’y ai vu une utilité d’économie pour la Ville et j’ai même transporté des collaborateurs», argue-t-il. Mais puisqu’il se fait épingler, il recourra désormais aux chauffeurs municipaux.

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