«Le Courrier» fête ses 150 ans

Presse Le quotidien indépendant genevois paraissait pour la première fois le 5 janvier 1868.

«Le Courrier» vise les 10'000 abonnés d'ici fin 2018.

«Le Courrier» vise les 10'000 abonnés d'ici fin 2018. Image: Keystone

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Le Courrier est né il y a 150 ans. Le journal genevois, dont la ligne éditoriale se veut «progressiste et humaniste», revient sur son histoire mouvementée dans son édition de vendredi.

A ses débuts, le 5 janvier 1868, Le Courrier était une feuille religieuse et nationale hebdomadaire, qui avait été créée, sur fond de Kulturkampf, pour défendre les intérêts des catholiques dans la Genève protestante. Le journal, qui paraîtra quotidiennement dès 1892, portera ce combat pendant de nombreuses années.

Capitalisme, communisme et Vichy

Avec la loi de 1907 instaurant la séparation de l'Eglise et de l'Etat, Le Courrier perdra un peu de sa raison d'être. En 1923, René Leyvraz, une figure importante du mouvement chrétien social en Suisse romande prendra les rênes du journal jusqu'en 1935. Il optera pour une voie médiane entre le capitalisme et le communisme.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, le quotidien genevois se montrera sensible aux idées du gouvernement de Vichy. L'abbé Chamonin, le rédacteur en chef, sera même renvoyé à la fin du conflit «pour ses sympathies trop marquées pour l'extrême droite». René Leyvraz reviendra alors aux commandes jusqu'en 1963.

Le grand virage

Il faudra attendre 1979 pour que Le Courrier entame son grand virage qui fait aujourd'hui de lui un journal «indépendant, humaniste et ancré à gauche». Ce tournant sera l'oeuvre de Pierre Dufresne, qui sera rédacteur en chef jusqu'en 1992 et qui constituera autour de lui, au fil du temps, une équipe conforme à ses convictions.

Patrice Mugny lui succédera jusqu'en 1999. Le quotidien genevois connaîtra alors une période compliquée au niveau financier. La Liberté, avec qui Le Courrier collabore, exigera en effet de lui de payer un certain nombre de services, comme la fabrication des pages et la distribution du journal.

Une première souscription sera alors lancée auprès des amis et lecteurs du Courrier. L'opération survie permettra de récolter 350'000 francs. En 1996, c'est la Société catholique romaine qui provoquera une nouvelle crise au sein du journal en conditionnant le maintien de sa subvention au départ de Patrice Mugny.

Imprimé à Genève

Le quotidien tiendra bon et son équipe refusera l'ultimatum. Durant cette période agitée, Le Courrier s'attirera les sympathies. Le nombre de ses abonnés passera ainsi en moins de deux ans de 5800 à 7000. Aujourd'hui, le journal est dirigé par un collège de rédacteurs en chef. Il est imprimé chez Atar, à Satigny (GE).

Dans son éditorial de vendredi, Le Courrier souligne que son modèle économique, qui fait que plus de 80% de ses recettes proviennent de son lectorat, le rend moins vulnérable à la tourmente que traversent les médias. Rien n'est garanti pour autant et le quotidien se fixe l'objectif d'atteindre 10'000 abonnés d'ici à la fin de l'année.

Le Courrier parvient à équilibrer ses comptes grâce aux souscriptions qu'il lance année après année. Depuis 2015, il a supprimé son édition du samedi et dégagé des moyens pour étoffer son offre sur l'Internet. Un nouveau site entrera d'ailleurs en service «à la fin du mois». (ats/nxp)

Créé: 05.01.2018, 13h23

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