Coup de foudre humanitaire

Christiane et Diego Gradis proposent jusq
u’au 30 septembre une exposition-photos sous la forme d’un itinéraire andin à ciel ouvert, à découvrir au bord du lac, le long du quai Wilson.?

Christiane et Diego Gradis proposent jusq u’au 30 septembre une exposition-photos sous la forme d’un itinéraire andin à ciel ouvert, à découvrir au bord du lac, le long du quai Wilson.? Image: Olivier Vogelsang

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Elle travaillait pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), lui pour la section française de cette même Croix-Rouge. Christiane et Diego Gradis se sont rencontrés à Genève, dans le cadre d’une conférence à l’Institut Henry Dunant, un jour de 1985… et ils ne se sont plus quittés.

Un an plus tard, ces gens «plutôt pressés», comme ils se décrivent, se mariaient et créaient Traditions pour Demain, une ONG qui aide les peuples autochtones et les minorités afro-descendantes à recouvrer leur identité culturelle en Amérique latine. Un vrai coup de foudre humanitaire qui n’a pas faibli avec les années! Pas plus leur ONG que leur amour…

Tellement même que pour fêter leur double trente ans d’anniversaire, les Gradis exposent jusqu’au 30 septembre une cinquantaine de photos sous la forme d’un itinéraire andin à ciel ouvert, à découvrir au bord du lac, le long du quai Wilson. «Cet accrochage décline le quotidien des Amérindiens, dans sa grande diversité et dans trois des pays d’implantation de nos projets: le Pérou, la Bolivie et l’Équateur», informe une Christiane Gradis enchantée par le site. Rythmée par les vagues et le vent, l’exposition a assurément du souffle. Elle vit!

Sans romantisme ni misérabilis

Un lieu de passage rêvé, renchérit Diego Gradis, «qui permet un formidable trait d’union entre la Genève internationale et nos actions sur le terrain qui nous donnent notre légitimité». Sur place, variété des thématiques et des couleurs, associée à l’homogénéité des messages – en français dans un sens, en anglais dans l’autre – ne laisse personne indifférent; les passants sont touchés par les affiches géantes, signées Slawo Plata et Olivier Föllmi.

Sans romantisme ni misérabilisme, ces deux photographes de renom ont su illustrer avec émotion et efficacité l’authenticité de la vie andine, sa richesse, le sens des traditions et des savoirs, mines de solutions pour faire face aux difficultés du quotidien.

En trente ans, Christiane et Diego Gradis ont lancé pas moins de 600 projets dans une douzaine de pays. Des projets qui abordent des domaines aussi divers que l’éducation, la musique, la danse, les savoir-faire, la communication, la gouvernance locale, la médecine traditionnelle, les langues, les fêtes et les célébrations.

Des projets «qui contribuent surtout à renforcer les sentiments de dignité, de fierté et d’estime de soi, dans un esprit de coopération, se félicitent les heureux époux. Et qui ont aidé à panser des plaies dans une région marquée par de nombreux conflits.»

Le fils aussi!

Que de chemin parcouru depuis l’époque où les deux amoureux abandonnaient leurs brillantes carrières – elle dans la banque privée, lui comme avocat d’affaires – pour répondre pleinement à leur élan humanitaire. «Nous étions insatisfaits par notre existence, explique Diego Gradis. Alors nous sommes partis avec un sac à dos pour seul bagage pour un périple de sept mois au Pérou, au Mexique et au Guatemala.»

La suite on la connaît. «Nous avons réussi à nous réorienter car nous étions deux. Et nous sommes toujours aussi fusionnels, ajoute le passionné. Même le fiston nous a rejoints dans le comité. Il faut dire que Traditions pour Demain est un peu sa grande sœur.» Et l’aventure ne semble pas près de s’arrêter. «Nous soutenons un journal en Equateur, raconte Christiane Gradis. Cela peut paraître un peu anachronique, vu les remous qui agitent la presse chez nous. Mais nous ne négligeons pas le multimédia. Le smartphone a bouleversé ces régions qui étaient dans l’isolement. Dorénavant connectés, les jeunes veulent mettre à profit ces nouveaux outils de communication pour valoriser leur identité culturelle, précisément menacée par la globalisation. On les accompagne dans leur objectif.»

(TDG)

Créé: 26.09.2016, 10h21

Bio express

1951 et 1955 Naissances de Christiane à Genève et de Diego Gradis à Paris.

1985 Ils se rencontrent par le biais de la Croix-Rouge, à l’Institut Henry Dunant.


1986 Mariage et création de l’ONG Traditions pour Demain, à Genève.

1987 Premiers projets de l’ONG financés au Pérou, au Mexique et au Guatemala.

1989 Naissance à Genève de leur fils Cyril.

2009 Financement du 500e projet de l’ONG en Bolivie.

2016 30e?anniversaire de l’ONG: exposition au quai Wilson jusqu’au 30 septembre, puis rencontre continentale avec les partenaires en octobre, en Equateur.

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