Changer de train à Annemasse? «Le message serait dramatique!»

FerroviairePionnière de la promotion du CEVA, l'association Alprail conjure les responsables du réseau d'en maintenir la continuité, malgré les difficultés actuelles.

«On a compté jusqu'à plus de 200 voyages supprimés par semaine.»

«On a compté jusqu'à plus de 200 voyages supprimés par semaine.» Image: DR

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«On ne peut pas revenir en arrière!» Le président de l'association Alprail, Patrice Plojoux, ne veut pas entendre parler de transbordements à Annemasse pour alléger, même temporairement, les difficultés rencontrées dans le lancement du Léman Express. L'organisation qui, avec feu son fondateur Sigurd Maxwell, avait convaincu les politiques au tournant du millénaire de relier Cornavin à Annemasse par le rail, s'émeut de l'hypothèse d'une scission du réseau, telle qu'elle a pu être émise par des voix issues des métiers ferroviaires (lire notre édition du 13 février).

La mise en service effective du réseau transfrontalier dans son intégralité n'a eu lieu que dès le 22 janvier, avec un gros mois de retard dû à la grève nationale en France. Dès le moment où les trains se sont mis à circuler dans les deux pays, les problèmes se sont multipliés. On a compté jusqu'à plus de 200 voyages supprimés par semaine. Des voix anonymes de cheminots, se disant représentatives du métier, avaient alors émis l'idée de scinder provisoirement les circulations à Annemasse, quitte à faire transborder les passagers, le temps que chacun des opérateurs (CFF et SNCF) puisse aplanir les soucis rencontrés avec ses propres troupes et installations.

Une perspective inadmissible aux yeux d'Alprail. «Revenir en arrière, même de façon temporaire, enverrait un message dramatique», commente l'ancien député genevois Gabriel Barrillier, membre du comité de l'association et coprésident en son temps du comité Pro-CEVA. Et de poursuivre: «L'idée qu'on a vendu à la population lors du référendum de 2009, c'était bien de disposer d'un système de transport non-stop. C'est maintenant aux politiques de mettre la pression pour que la situation se normalise. Rappelons que lors du lancement du M2 à Lausanne, il a fallu plusieurs mois pour que les problèmes de mise en route soient résolus, mais les Vaudois sont sans doute plus calmes et moins impatients...»

Mi-février, la société Lémanis, filiale ad hoc des CFF et de la SNCF, avait jugé une scission impensable, même si du côté de la direction des CFF on admettait que le scénario existait puisqu'il avait d'ailleurs été mis en oeuvre durant la grève. Pour sa part, l'État note une tendance à l'amélioration sur le réseau: si la situation reste tendue, le nombre de trains supprimés a reculé de 24% d'une semaine à l'autre. Les défaillances des trains eux-mêmes, en particulier ceux de la flotte suisse, ont constitué un écueil majeur.

Créé: 24.02.2020, 18h51

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