Ce triple défi d’exception que les TPG devront relever en décembre

Transports publicsNouveau dépôt, nouvelle ligne de tram et nouveau réseau RER: la régie est sur le qui-vive face aux enjeux de la fin de l’année.

En décembre 2019, les TPG redessineront les horaires ou les trajets de la moitié de leurs lignes.

En décembre 2019, les TPG redessineront les horaires ou les trajets de la moitié de leurs lignes. Image: Lucien Fortunati

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«Pourvu qu’il ne neige pas le 15 décembre!» L’exclamation n’est qu’à moitié une boutade dans la bouche des dirigeants des Transports publics genevois (TPG) quand ils évoquent la date du passage à l’horaire 2020, qui constituera pour eux une triple révolution. Tous ont en mémoire l’énorme chaos qui, sous les flocons, avait résulté de la dernière refonte profonde du réseau, en décembre 2011. Et si chacun s’attend à ce que des couacs se produisent en décembre 2019 au vu de l’énormité du changement, tous prient pour que les problèmes soient limités.

À la fin de l’année, les TPG redessineront les horaires ou les trajets de la moitié de leurs lignes pour les ajuster au réseau ferroviaire Léman Express, qui connaîtra son déploiement intégral, doublant l’offre ferroviaire genevoise. Ils ajouteront à leur réseau un nouveau tram, le 17, qui renouera avec une tradition transfrontalière abolie en 1958 en reliant Annemasse à Genève. Enfin, ils mettront en service leur dépôt d’En Chardon, à Vernier, leur premier sur la Rive droite, capable d’héberger 70 trams et 130 bus.

Prévenir le chaos

«Chacun de ces trois événements permettrait de dire qu’il s’agit d’une année extraordinaire et ils arriveront tous en même temps», a commenté mardi Denis Berdoz, directeur général des TPG, lors d’un point presse consacré au bilan annuel et aux perspectives de l’entreprise.

Qu’a-t-on fait pour prévenir une réédition du désastre d’il y a huit ans? Des groupes de travail ont entamé la préparation «très en amont», assure le cadre. Et la refonte des lignes qui a eu lieu sur la rive droite du lac en 2018, en accompagnement à l’introduction de la cadence au quart d’heure pour les trains régionaux entre Coppet et Lancy-Pont-Rouge, a servi de «répétition générale à une échelle réduite».

Car l’année dernière n’a pas été non plus un long fleuve tranquille pour les TPG. Elle a été marquée par l’octroi de moyens supplémentaires que le Grand Conseil a alloués afin de redresser une offre en déclin, en raison du manque à gagner découlant de la baisse de tarifs effective depuis 2015, à la suite d’un vote populaire. En trois sauts échelonnés d’avril à décembre 2018, l’offre, en hausse de 1,8%, a aujourd’hui retrouvé le volume qui était le sien en 2014, avant les mesures d’économie.

La fréquentation a elle aussi crû, de 1,4%. Les ventes de titres de transport sont en hausse de 3,2%. «C’est une très bonne nouvelle, la meilleure performance depuis 2013», commente Sophie Heurtault Malherbe, directrice financière. Or cela n’empêche pas les ventes d’être inférieures à ce qui était escompté, comme le note le Conseil d’État dans son récent message aux députés sur le sujet.

«Le budget était très ambitieux, réplique Denis Berdoz. Pour nous, le résultat est satisfaisant.» L’année 2018 finit dans le rouge, ce qui était prévu, mais pas à ce point (3,2 millions de déficit au lieu du 0,9 attendu). La régie, elle, pointe davantage des événements uniques comme un remboursement d’assurance comptabilisé plus tôt que prévu (déjà sur les comptes 2017) ou les mésaventures de sa filiale publicitaire, TP Pub, depuis son lancement sur le marché lausannois. «Après une réorganisation sévère en 2018, on n’est plus dans une situation de crise», rassure Anne Hornung Soukup, présidente du conseil d’administration des TPG.

Des couacs et des retards

Le Conseil d’État note aussi que les TPG, apparemment victimes d’incidents et travaux en série, ont été en dessous des attentes en matière de courses non réalisées de trams, bus ou trolleybus. Du côté des trams, pièces maîtresses du réseau, l’Exécutif observe que la fréquentation recule sur les lignes 12 (désormais rivale de la Voie verte) et 15 (concurrencée par le Léman Express).

Justement, la vitesse commerciale des véhicules TPG a de nouveau perdu du terrain en 2018 (-0,7%) pour se situer à une moyenne de 16,33 km/h. Le futur réseau ferroviaire promet, lui, du 50 km/h. Un rival à redouter? «Je ne suis pas inquiet, répond Denis Berdoz. La multimodalité est le mot-clé. Il y aura une redistribution entre notre réseau et le Léman Express, mais les gens continueront d’avoir besoin des TPG pour poursuivre leur chemin au-delà des gares ou en amont. Nous pensons que le transport collectif dans son ensemble va croître.»

Un pronostic à vérifier en 2020. En attendant, les TPG savourent le résultat de la dernière étude BEST, qui compare le ressenti de leurs clients à celui des usagers de huit autres réseaux européens. Pour la troisième année de suite, Genève est en tête. Tel n’était pas le cas en 2012, l’année qui suivit le chaos.

Créé: 08.05.2019, 18h16

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